Le Temps: La Suisse avait pour objectif de remporter 6 médailles aux championnats du monde de Sankt Anton. Le but n'a pas été atteint.

Jean-Daniel Mudry: C'est juste, mais les résultats correspondent à ceux que nous avons obtenus jusqu'ici cette saison. Nous n'enregistrons donc ni chute, ni amélioration. Statistiquement, juste avant les Mondiaux, nous avions déjà obtenu les mêmes performances que la saison dernière. Dans l'ensemble, je suis donc satisfait.

– Surtout, la Suisse a été malchanceuse. Elle termine quatre fois à une quatrième place, une fois à une cinquième et une fois à une sixième. Et toujours pour quelques minuscules poignées de centièmes de seconde.

– Terminer quatre fois à la quatrième place, cela aurait pu être aussi deux fois à la troisième, non? Les athlètes qui échouent si près du podium doivent être horriblement déçus. Reste que l'on ne peut pas parler de malchance, sauf dans le cas de Corinne Rey-Bellet. La chance est la marque des champions. En descente masculine, nous avions quatre hommes potentiellement capable d'aller sur le podium. Seul le jeune Silvano Beltrametti a été proche de l'atteindre. Je suis assez déçu des locomotives de l'équipe que sont Didier Cuche, Franco Cavegn et Bruno Kernen. Eux pouvaient faire mieux.

– Quels aspects positifs retenez-vous?

– Ce qui me fait surtout plaisir, c'est de voir revenir une fille comme Lilian Kummer, ou monter en puissance un garçon tel Silvano Beltrametti. Pour le reste, nous avons de la chance de posséder ces deux champions d'exception que sont Sonja Nef et Michael von Grünigen. Ils sont des modèles de professionnalisme et d'humanisme et servent d'exemple pour les jeunes. Swiss-Ski n'est pour rien dans leurs résultats. Nous créons simplement les conditions-cadres pour leur permettre d'avancer au mieux.

– Quels sont vos espoirs pour le ski suisse de demain?

– J'en ai, ce qui n'est déjà pas si mal. Nous avons gagné des médailles ces derniers jours aux Mondiaux juniors, en Suisse. Nous disposons du soutien des institutions pour l'encadrement social de nos jeunes, ce qui était indispensable puisque nous perdions trop de skieurs au moment du passage à l'âge adulte. Globalement, je constate qu'il y a une volonté de bien faire et que cela s'avère motivant pour tous. Enfin, je prends comme un signe positif que le président de la Confédération, Moritz Leuenberger, ait envoyé un e-mail à Sonja et «Mike» pour les féliciter pour leur médaille d'or.

Retrouvez le bilan complet des championnats du monde de ski alpin de Sankt Anton dans notre édition de mardi.