Le Temps: Dans certains médias, on vous accuse de ne pas respecter vos engagements quant au paiement des salaires des joueurs du Servette FC. Qu'en pensez-vous?

Lorenzo Sanz: Je ne dois rien à Servette. Cette histoire commence à m'irriter. Je suis prêt à aider ponctuellement le club, mais ce n'est pas à moi de payer les salaires. Je suis indigné par les propos rapportés par la Tribune de Genève qui prétendait que les joueurs n'avaient pas reçu leurs salaires à cause de moi. C'est faux. Ces informations sont totalement erronées et je suis exaspéré par ces mensonges. Je ne veux plus qu'on m'accuse d'être un mauvais payeur alors que j'ai déjà épongé plusieurs dettes du Servette FC. Je ne veux plus que mon nom soit associé aux problèmes financiers de ce club. J'ai donné un coup de main par amitié pour Marc Roger et Santos Marquez, mais c'est tout. Je n'ai pas une seule action de ce club en ma possession. Comment voulez-vous que je sois responsable des arriérés de salaires alors que je ne suis ni actionnaire ni membre de la direction? La seule chose que j'aie faite jusqu'à maintenant, c'est d'aider le club à ses débuts. Je suis même encore prêt à prêter un peu d'argent pour effacer quelques dettes. Mais pas plus. En tout cas pas de payer les salaires des joueurs et du personnel administratif. Ce n'est pas à moi de le faire.

– Pourquoi fait-on appelle à vous pour boucher les trous financiers qui deviennent toujours plus béants?

– Marc Roger m'a dit au début de l'année que le Servette FC avait une valeur de 40 millions de francs suisses. Je l'ai cru. J'ai choisi alors de participer économiquement pour lui donner un coup de main à raison de 20% de la valeur totale, soit 5,25 millions d'euros (8 millions de francs). Vu la mauvaise situation financière du club, j'ai déjà envoyé 3,5 millions d'euros à travers ma holding à Madrid. J'ai aussi envoyé une avance de 500 000 euros pour payer les salaires de septembre. Mais c'était exceptionnel. Quand vous m'avez appris, le lundi 15 novembre, dans mon bureau (dans le quartier de Chamartin à Madrid), que les salaires d'octobre des joueurs n'avaient pas été payés, j'ai commencé à m'inquiéter. Car ce n'est pas à moi de payer les joueurs. Que ce soit clair. Mais j'ai encore espoir que le club va sortir la tête de l'eau.