Le Temps: Suite aux incidents de dimanche à Kriens, le président du FC Sion Christian Constantin a été accusé d'avoir agressé l'arbitre du match. Où en est cette affaire?

Peter Stadelmann: La Commission de discipline de la SFL a reçu le rapport de l'arbitre et l'enquête est en cours. Il s'agit maintenant d'entendre les différents témoins avant de prendre une décision. Comme il y a une procédure pénale par ailleurs (ndlr: également touché, l'arbitre assistant a porté plainte), il faut bien coordonner les choses. Nous préférons prendre notre temps et j'estime le délai à une période de un à deux mois.

– En cas de culpabilité avérée, quelle serait la gamme des sanctions possibles?

– Les sanctions peuvent aller d'une simple amende à une suspension de fonction pour Christian Constantin. Tout dépendra des conclusions de l'enquête et des preuves apportées. Le fait qu'il n'y ait aucune image des événements complique le travail et il n'est pas exclu que certains témoins se contredisent. Dans ce cas, il s'agira de se montrer extrêmement rigoureux. Je tiens à rappeler que pour l'instant, monsieur Constantin bénéficie de la présomption d'innocence.

– Tout indique que nous nous trouverons face à une situation où la version des uns s'opposera à celle des autres. Le rapport d'un arbitre a-t-il plus de poids à vos yeux que la parole d'un président de club?

– Nous avons pour habitude de faire confiance aux arbitres.

– Un autre club romand traverse une passe très agitée: que pensez-vous de la situation actuelle du Servette FC?

– Je me suis personnellement rendu à Genève il y a deux mois afin de rencontrer le patron Marc Roger, son avocat Marguerite Fauconnet et quelques autres responsables du Servette. Nous avons alors évoqué les problèmes du club. J'ai reçu certaines indications quant à la situation financière, mais elles n'étaient pas suffisamment précises à mon goût.

– Qu'avez-vous appris à l'époque?

– J'ai pu constater qu'il y avait quelques soucis à propos du budget prévisionnel pour la saison en cours. Par exemple, le nombre de spectateurs payants attendus par rencontre s'élevait à 12 000 (ndlr: la moyenne se situe actuellement autour de 10 000 alors que certaines catégories de prix ont été revues à la baisse). Les prévisions en matière de contrats de sponsoring m'ont aussi paru trop optimistes. Et lorsque j'ai appris, il y a quelque temps, que les salaires du mois d'octobre n'avaient pas été versés (ndlr: ils ne le sont toujours pas…), j'ai demandé à Rolf Suter, notre manager des licences, de s'intéresser d'un peu plus près aux comptes du club.

– D'où sa venue à Genève ce mercredi…

– Oui. Cette visite a pour objectif d'examiner en profondeur la situation financière.

– Vous arrive-t-il d'imaginer le pire?

– J'ai déjà eu très peur l'été dernier avant que des garanties nous soient apportées. Aujourd'hui, la situation me paraît grave, mais elle peut s'arranger. J'ai bon espoir car je suis convaincu que des gens peuvent sauver le club. La question est de savoir s'ils sont prêts à le faire. Si les progrès sportifs de l'équipe se confirmaient, cela pourrait aider. Je l'espère en tout cas, parce que si le Servette FC disparaissait, cela constituerait une terrible catastrophe pour le football suisse.