Football

Parce qu'il est Arménien, Henrikh Mkhitaryan renonce à la finale de l’Europa League

Arsenal se privera de son meneur de jeu pour affronter Chelsea samedi à Bakou, les relations tendues entre son pays et l’Azerbaïdjan l’empêchant de voyager sereinement

Arsenal ne pourra pas compter sur son meneur de jeu lors de la finale de l’Europa League. Henrikh Mkhitaryan n’est pourtant ni blessé, ni suspendu. Mais sa nationalité arménienne l’empêche d’aborder sereinement un déplacement en Azerbaïdjan, où se disputera ce samedi le match contre Chelsea. Un conflit a opposé les deux pays dans les années 90 et, malgré le cessez-le-feu signé en 1994, la situation reste tendue et les échanges de tirs à la frontière fréquents.

Le 10 mai, les Gunners demandaient «des garanties de la part de l’UEFA concernant la sécurité de Mkhitaryan» s’il devait se rendre à Bakou. Ils ne les ont manifestement pas obtenues, puisque ce mardi ils annonçaient qu’après avoir déjà fait l’impasse en octobre sur une rencontre avec le club azéri de Qarabag, le milieu offensif de 30 ans ne serait pas du voyage. Dans la foulée, une porte-parole de la diplomatie du pays déclarait à l’AFP que l’Arménien pouvait venir jouer en toute sécurité, et appelait à ne pas «mélanger sport et politique».

Pas une bonne affaire

Certaines situations appellent toutefois à faire valoir le principe de précaution. C’est ainsi qu’en novembre dernier, Liverpool avait choisi de se priver de Xherdan Shaqiri en vue d’un déplacement à Belgrade pour affronter l’Etoile rouge en Ligue des champions. Lors de la Coupe du monde 2018, l’attaquant suisse avait fêté un but contre la Serbie en effectuant le signe de l’aigle albanais, ce qui avait été perçu comme une provocation. Pour lui éviter un accueil potentiellement houleux dans les Balkans, son club avait donc décidé de le laisser en Angleterre.

Lire à propos du geste de Shaqiri: Marquer, histoire d’une autocélébration

Le cas de Henrikh Mkhitaryan vient de son côté s’ajouter à la (longue) liste des doléances adressées à l’UEFA quant au choix de la ville hôte de la finale de la Ligue Europa. Y figuraient déjà sa relative inaccessibilité depuis une bonne partie des pays européens, le faible nombre de places attribuées aux supporters des équipes qualifiées et une politique nationale répressive en matière de droits de l’homme, notamment vis-à-vis des homosexuels. En termes d’image, cette rencontre à Bakou n’a pas grand-chose d’une bonne affaire.

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