Rugby

Le Racing 92 de Lorenzetti renonce à fusionner

L’affaire divisait le rugby français depuis une semaine. La fusion entre le Racing 92 du suisse Jacky Lorenzetti et le Stade Français n’aura finalement pas lieu

Le mariage annoncé n’aura duré qu’une semaine. Alors qu’il avait initié la fusion controversée entre son club du Racing 92 et le Stade Français, le Suisse Jacky Lorenzetti a pris dimanche midi la plume pour mettre fin à ce rapprochement. «En raison des fortes réticences rencontrées», le président et propriétaire de ce club huppé de la capitale française et finaliste l’an dernier de la coupe d’Europe face aux Saracens londoniens, a jeté l’éponge. L’opposition, depuis l’annonce lundi dernier, venait pour l’essentiel du Stade Français, club aux racines populaires toujours à la recherche d’un repreneur en raison de ses mauvais résultats sportifs et financiers.

Enorme enjeu économique

Le recul de Jacky Lorenzetti, porte-parole d’une vision plus entrepreneuriale du rugby, a le goût de la défaite. Derrière cette fusion entre deux clubs aux traditions radicalement différentes se cachait un énorme enjeu économique, pour les spectateurs comme pour le sponsoring. Le Racing 92, actuellement à la neuvième place du Top 14 (le championnat de France de rugby professionnel) a, pour son propriétaire helvétique, vocation à devenir le club parisien emblématique, à la manière de la place occupée dans le football par le Paris Saint-Germain.

Cette vocation se traduira dans les faits après la livraison de la Rugby Arena de Nanterre, dans le quartier des affaires de La Défense, prévue pour la fin 2017. La fusion Racing 92-Stade Français (12e au Top 14) devait permettre d’accoucher d’une «marque» mondiale de l’ovalie.

Les causes de l’échec

Les raisons de l’échec sont avant tout culturelles et sportives, car les dirigeants des deux clubs y étaient favorables. Côté culturel, les associations de supporters du Stade Français, club du nord de Paris créé dans la foulée du mouvement ouvrier à la fin du siècle dernier, se sont vite mobilisées contre la domination du Racing 92, club huppé des beaux quartiers. Les fans ont même assiégé cette semaine la Fédération Française de Rugby, et la Ligue professionnelle, lorsqu’elles ont examiné ce dossier. Côté sportif, les joueurs du Stade Français avaient dès mardi entamé une grève, obligeant les instances du rugby professionnel à intervenir. Une réunion aura lieu cette semaine, sur les décombres de cette fusion ratée, entre le président de la FFR Bernard Laporte, ancien sélectionneur national, et celui de la LNR Paul Goze.


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