Contrairement à la légende induite par sa combativité démonstrative, Rafael Nadal n'est pas insensible à la fatigue, tant s'en faut. Le «matador» est arrivé à New York épuisé, sans ressort ni avidités, à peine descendu du podium olympique. Il restait sur une série de 46 victoires en 48 apparitions, avait atteint tous ses objectifs, et semblait manquer d'influx, de force vive, pour en poursuivre d'autres. «J'ai eu du mal à relancer la machine», avoue-t-il.

«Nous voyons tous que Rafa n'est pas très bien en ce moment, convient son oncle et mentor, Toni Nadal. Son organisme paie la répétition des efforts et des matches à gros enjeux. De toute évidence, Rafa a trop joué. Il est fatigué et connaît des sautes de concentration inquiétantes. Mais il vit une forme d'accomplissement. Il ne lâchera rien.»

C'est toute l'exemplarité de cet athlète hors du commun, mû par une force de conviction qui, circonscrite à l'action immédiate, sans arrière-pensée liée au bilan comptable, dépasse de beaucoup ce que l'on définit généralement par «l'esprit de compétition». «Cette année, Rafa a disputé son meilleur Roland-Garros, explique Toni Nadal. Il y a puisé une confiance énorme. Depuis, il sert mieux, écourte les échanges et rentre davantage dans le terrain. Sa victoire au Queen's (ndlr: sur gazon) a achevé de le désinhiber. Rafa a obtenu la preuve qu'il n'était pas seulement le roi de la terre battue. A Wimbledon, il a eu un peu de chance, mais ce fut un tournant décisif dans sa carrière.»

Rafael Nadal reconnaît lui-même qu'il n'est pas «au même niveau qu'à Pékin». «Je n'ai pas récupéré de mes efforts.» Et d'ajouter, en anglais dans le texte: «But I'm with very special motivation.»