«Je peux désormais jouer sans pression». Le cri est venu du coeur une fois la balle de match gagnée le 7 juin contre Robin Soderling.

Devenu le plus grand joueur de tous les temps après sa victoire à Roland-Garros - il a désormais gagné les quatre tournois du Grand Chelem sur quatre surfaces différentes et égalé les quatorze titres de Pete Sampras -, Roger Federer change de registre. Il jouera désormais pour son plaisir, à commencer par Wimbledon dont les trois coups seront donnés lundi sans le tenant du titre Rafael Nadal.

C’est donc un Roger Federer libéré qui s’attaque à une quinzaine qui peut lui permettre d’asseoir encore plus sa place dans l’histoire. Elle débutera par un premier tour fort paisible contre le Taïwanais Yen-Hsun Lu (ATP 64). Devenir le seul recordman des victoires en Grand Chelem, remporter ce sixième titre à Wimbledon qui lui avait échappé pour deux malheureux points l’an dernier lors de cette finale extraordinaire contre Rafael Nadal, réussir à son tour le trop rare doublé Roland-Garros - Wimbledon et, enfin, reprendre la place de no 1 mondial: tels sont les enjeux qui attendent le Bâlois à Londres, là-même où il avait ouvert le livre de sa légende en battant il y a huit ans déjà un certain Pete Sampras.

Finaliste des cinq derniers tournois du Grand Chelem, Roger Federer devrait être logiquement présent au rendez-vous de la finale du 5 juillet. Le tirage au sort lui a, en effet, été favorable dans la mesure où il ne croisera pas la route d’Andy Murray en demi-finale. Porteur de tous les espoirs du Royaume qui attend un titre en simple messieurs à Wimbledon depuis 73 ans, l’Ecossais figure dans le haut du tableau où devait trôner bien logiquement Rafael Nadal.

Nadal forfait Trois heures après sa défaite - 4-6 7-6 10/3 - devant Stanislas Wawrinka dans un match exhibition, Rafael Nadal a annoncé son forfait. Souffrant des genoux, il n’estime pas être en mesure de défendre vraiment ses chances. Cette décision était attendue. Très affecté par la perte de son titre à Paris où il fut battu en huitième de finale par Robin Soderling, Rafa paye cash tous les efforts qu’il a consentis lors de sa campagne sur terre battue avec ses titres à Monte-Carlo, Barcelone et Rome et sa finale à Madrid.

Remplacé par Juan-Martin del Potro (no 5) dans ce tableau qui lui réservait un deuxième tour contre Lleyton Herwitt et un quart de finale face à Andy Roddick, le Majorquain laisse désormais le champ libre à Roger Federer. Il perdra sa place de no 1 si le Bâlois remporte le tournoi.

Murray l’adversaire no 1 Titré dimanche au Queen’s où il s’est littéralement promené lors de ses cinq rencontres, Andy Murray se profile bien comme l’adversaire no 1 de Roger Federer. En Australie en début d’année, il avait déjà toutes les cartes en main. Seulement à Melbourne, Murray avait été piégé en huitième de finale par un joueur en état de grâce, Fernando Verdasco. A Londres, on voit mal qui pourrait cette fois lui barrer la route de la finale. Les conditions de jeu à Wimbledon lui conviennent à merveille. En gagnant en puissance, il n’est plus aujourd’hui aussi vulnérable sur son service qui l’avait bien lâché l’an dernier en quart de finale face à Nadal.

Le parcours d’Andy Murray apparaît relativement aisé dans un tableau où Stanislas Wawrinka (no 19) le cotoye. Malgré une préparation réduite, le Vaudois rêve de jouer les trouble-fête. Wawrinka, qui entamera sa quinzaine contre l’Argentin Eduardo Schwank (ATP 106), est sur la route de Murray en huitième de finale à condition qu’il prenne sa revanche sur Marat Safin (no 14), qui l’avait éliminé l’an dernier. Mais peut-on briller à Londres après avoir fait le choix de disputer - et de gagner - un Challenger sur terre battue entre Roland-Garros et Wimbledon ?

Les Williams en pole Le duel entre Roger Federer et Andy Murray, entre «the greatest» et le joueur de la Couronne, éclipsera bien naturellement le simple dames. En attendant le retour de Kim Clijsters, le tennis féminin traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire. Le manque d’implication de Venus et Serena Williams ne sert pas sa cause. Malgré leur dilettantisme, les deux soeurs, qui ne pourront pas se rencontrer avant la finale, demeurent les favorites du tournoi dont Venus a remporté les deux dernières éditions.

Beaucoup plus inspirée par le jeu sur herbe que Patty Schnyder (no 21) et Timea Bascinszky (WTA 110), Stefanie Voegele (WTA 98) a joué de malchance. L’Argovienne rencontrera, en effet, au premier tour... Venus Williams. Finaliste du tournoi ITF de Nottimgham et quart de finaliste à Birmingham, elle aurait pu tracer sa route à Wimbledon si le sort lui avait été bien plus favorable. Il lui restera toutefois le souvenir impérissable d’un match sur le «Center Court» qui aura lieu mardi.