A écouter: Guy Forget, ancien joueur, capitaine de France de Coupe Davis et consultant pour Canal plus donne son avis sur les demi-finales à venir et notamment sur le duel attendu entre Roger Federer et Novak Djokovic.

(Entretien réalisé par Isabelle Musy).

Décidément, «Australia Day» pour lui, ce n’est pas la fête. Rafael Nadal n’a pas franchement savouré les feux d’artifice de cette journée nationale. L’Espagnol n’est pas ami avec le 26 janvier. Cette date semble lui porter la poisse. Il y a un an, jour pour jour, ses genoux en souffrance l’avaient contraint à abandonner en quart de finale face à Andy Murray. Cette année, c’est une blessure aux ischio de la jambe gauche qui l’a poussé vers la sortie de cet Open d’Australie. Diminué par la douleur, le numéro un mondial n’a rien pu faire contre David Ferrer. Il s’est incliné 6-4 6-2 6-3 face à son compatriote, qui affrontera Andy Murray en demi-finale. Avec cette défaite s’envolent les espoirs du numéro un mondial de réaliser le «Rafa slam».

«C’est arrivé au deuxième jeu. A ce moment-là, il m’a fait comprendre qu’à moins que David ne baisse sérieusement son niveau de jeu, ce serait impossible», confiait Toni Nadal, croisé à la fin de la rencontre. «Avant le match, il se sentait en pleine forme. Ce n’est pas de chance.»

Contrairement à l’an dernier, Rafael Nadal n’a pas voulu jeter l’éponge et a préféré aller jusqu’au bout de la partie. Pour ne pas gâcher la fête de David Ferrer. Son fair-play et son amitié envers son compatriote l’ont même poussé à refuser de s’étendre sur sa blessure en conférence de presse. «Je n’ai pas envie d’en parler. Premièrement, parce que je ne sais pas exactement ce que j’ai. Par respect pour le vainqueur, un ami, je préfère parler du match. Je pense que David a joué à un très bon niveau. Je suis content pour lui et lui souhaite bonne chance pour sa demi-finale contre Andy Murray. S’il joue comme ça, il a ses chances.»

L’Espagnol n’a en revanche pas caché sa déception. Et la tristesse se lisait clairement sur son visage. «C’est un moment difficile. J’ai perdu en quart de finale l’an dernier. J’ai fait tout ce qui était possible pour aller au bout cette année.» Puis un journaliste lui a signifié qu’il serait difficile d’écrire sans mentionner l’évidence, à savoir sa difficulté à se mouvoir sur le court. Alors Rafa a fini par en dire un peu plus: «Vous êtes prêts à tout écrire. Je n’ai donc pas besoin de vous dire comment je me sentais sur le court. J’ai tout donné, mais il est évident que je ne me sentais pas au mieux. J’ai eu un problème au tout début de la partie. Après ça, je savais que le match était quasiment joué. Mais c’est difficile de venir en conférence de presse et de parler de ça. A Doha, j’étais malade. Là, j’ai un autre problème. Je ne veux pas donner l’image du joueur qui a toujours un problème quand il perd.»

Plus tard, la presse espagnole est revenue à la charge. Lui demandant pourquoi il n’avait pas préféré jeter l’éponge. «Je déteste abandonner un match. J’ai été contraint de le faire l’an dernier. Je garde un très mauvais souvenir de ce moment», a encore confié le numéro un mondial. «Aujourd’hui, je n’avais aucune raison de le faire. La douleur était supportable. J’ai continué par respect pour mon adversaire et pour tous les gens venus voir ce match.» Concluant: «Je pense avoir fait une bonne préparation pour ce tournoi. Mais on ne peut pas tout prévoir dans la vie, il y a des facteurs que l’on ne maîtrise pas toujours.» L’Espagnol va probablement passer une IRM. Elle permettra de connaître la nature exacte de sa blessure. Et de savoir quand Rafa reviendra.