Automobilisme

Le rallye féminin, un caprice?

Trente conductrices arrivent vendredi à Lausanne

Le rallye féminin, un caprice?

Automobilisme Trente conductrices arrivent vendredi à Lausanne

Elles s’appellent Amel, Chimène, Sonia ou Alexandra. Au volant de leurs Porsche, Ferrari, Jaguar, Mini et autres VW Coccinelle – impérativement construites avant 1985 –, elles ont pour objectif de s’approcher le plus possible d’une moyenne idéale pour effectuer un parcours défini.

Tel est le principal défi que devront relever jusqu’à ce soir les quelque 30 participantes de la deuxième édition du Rallye des caprices, une épreuve de régularité 100% féminine dont l’arrivée sera jugée vendredi, à partir de 17h30, devant le Beau-Rivage Palace de Lausanne.

«Après avoir roulé pendant trois jours, de Vevey à Ouchy en passant par Interlaken, Loèche-les-Bains, Crans-Montana et L’Etivaz, beaucoup d’entre elles n’auront qu’une seule envie: participer à la troisième édition du Rallye des caprices, qui aura de nouveau lieu pendant la troisième semaine de septembre l’année prochaine», explique Alexandra Bonzon, cofondatrice de l’événement.

Les deux gagnantes de la première édition, Amel Epiney et Chimène Abelli, ont par exemple tenu à remettre leur titre en jeu cette année. «Alors qu’elles faisaient équipe ensemble il y a douze mois, elles disposent chacune de leur propre voiture cette fois-ci. Il en va de même pour Lisa Tétard, qui avait terminé 3e en 2014», précise Alexandra Bonzon.

Pilotage et réseautage

Pourquoi finalement les femmes ne prendraient-elles pas au­tant de plaisir que les hommes à conduire des voitures anciennes sur quelques-unes des plus belles routes de Suisse romande et de l’Oberland bernois? Elles en étaient pourtant souvent privées par des règlements réservant ces épreuves au sexe prétendu fort. La création, d’abord en France, de compétitions automobiles réservées aux femmes – à commencer par le Rallye des princesses, qui relie Paris à Saint-Tropez et qui en était cette année à sa 16e édition – a démontré que de telles épreuves «women only» répondaient à une véritable demande.

«Comme il n’y avait encore rien de tel en Suisse romande, poursuit Alexandra Bonzon, Nathalie Lepoutre et moi-même avons décidé de combler cette lacune en mettant sur pied un événement qui mettrait en valeur à la fois la Suisse, les voitures et les femmes.» Un événement qui permet également à ces dernières de s’affirmer, de prendre soin d’elles dans de beaux hôtels, de développer leur propre réseau de connaissances et, pourquoi pas, de partager le même hobby que leur mari.

«En s’appelant le Rallye des caprices, notre épreuve revendique aussi un esprit rebelle, voire un petit goût d’interdit, conclut Alexandra Bonzon. Les voitures des participantes sont ainsi parfois qualifiées de «Toys for boys stolen by girls». Traduction: des jouets pour hommes volés par des femmes.

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