Chaque mardi de l’été, notre chroniqueur court, saute, nage et pédale. Il partage l’exercice musculaire dans «Le Temps».

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Ouf, les gardiennes sont nulles

Dans certains pays d’Afrique ou d’Asie, elle est synonyme d’opulence et de prospérité. Mais dans nos contrées, la bedaine fait plutôt mauvais genre. Le ventre plat, c’est un signe extérieur de bien-être et d’équilibre. Voire de richesse.

On ne parle pas ici d’obésité, mais de cette petite bouée qui vous entoure et qui, la quarantaine passée, est de plus en plus difficile à dégonfler. Un peu comme cette gueule de bois du samedi matin qui, jadis, ne vous empêchait pas de remettre le couvert le soir même mais qui, désormais, vous accompagne jusqu’au lundi.

A l’été 2018, j’avais terminé mes chroniques estivales en évoquant les abdos et leur ingratitude. Une année plus tard, un autre sujet ventral s’est imposé. Mais n’y voyez aucun lien avec ma vie privée (j’ai moins de 40 ans).

Lire aussi, en 2018: Lettre ouverte à mes abdos

L’été est une saison pleine d’antagonismes. Celle des verres en terrasse, des grillades, des chips, des sandwichs. Mais aussi celle de la baignade et des t-shirts devenus trop serrés (mais tant qu’on ne les a pas remisés dans un carton, ils ne sont officiellement pas trop trop serrés).

L’équation de la bedaine

Soyons plus empirique. Parlons mathématiques. Une grande bière (ou une saucisse de veau) revient à ingurgiter entre 200 et 250 calories. Pour l’éliminer, 30 minutes de jogging, de vélo ou 45 minutes de badminton. Ça paraît peu, mais que ceux qui se contentent d’une seule grande bière par soirée (ou d’une saucisse par grillade) me jettent la première chips.

Evidemment, tout n’est pas aussi précis que ce que laissent croire les «calculateurs de calories» que je viens de consulter. Mais il y a une certitude que la vraie vie ne dément pas. Avec l’âge, l’équation du tour de ventre devient plus complexe à résoudre. On accumule plus vite, et on brûle plus lentement.

Il existe pourtant un autre moyen que le sport et/ou la discipline pour éviter de faire de sa bedaine un complexe (arithmétique): s’en ficher, l’assumer, en rire, voire l’alimenter. Et en tout cas arrêter de se faire culpabiliser par un chroniqueur qui espère, l’été prochain, ne pas écrire un texte sur le double menton.