Le rapport de la commission d’évaluation du Comité international olympique (CIO) estimant les caractéristiques techniques de chacune des quatre villes candidates à l’organisation des Jeux d’été 2016 est rendu public ce mercredi à 14h00 à Lausanne, un mois avant l’élection de la ville hôte.

Chaque candidate - Chicago, Madrid, Rio de Janeiro, Tokyo - y est l’objet d’une évaluation détaillée d’une vingtaine de pages sur différents plans (transport, hébergement, éloignement des sites, réutilisation des équipements, etc...). En conclusion, la commission attribue des appréciations à chaque dossier: de «bonne», «très bonne», voire «excellente qualité», ou à l’inverse «à risque», ou «pas assez détaillé».

Pour établir leur rapport, les 13 membres de la commission d’évaluation - sept membres du CIO et six experts - présidée, comme pour les Jeux-2012, par la Marocaine Nawal El Moutawakel, ont passé quatre jours dans chaque ville entre le 4 avril et le 8 mai, livrant à chaque départ des commentaires sibyllins.

Mme Moutawakel s’est ainsi déclarée «impressionnée» à chaque escale, modulant éventuellement d’un «très» ou d’un «favorablement». Tenue au secret, la commission d’évaluation a travaillé durant près de quatre mois pour livrer mercredi un rapport technique basé sur le strict cahier des charges imposé par l’autorité olympique.

Libre arbitre

En vertu de ces impératifs édictés par le CIO pour chaque candidature, on peut pourtant esquisser les conclusions de la commission: Techniquement, c’est le dossier de Tokyo qui reste de loin le plus abouti, proposant, en plein centre de la mégapole japonaise, les Jeux les plus compacts de l’histoire.

Mais politiquement, Chicago et Rio ont plus d’arguments à faire valoir. La première parce que les Etat-Unis restent, malgré l’érosion de leur contribution, le premier bailleur de fonds du CIO grâce aux partenariats et aux droits TV, la seconde parce qu’elle revendique le droit (et la capacité, deux ans après le Mondial de football 2014) d’organiser les premiers Jeux latino-américains.

Enfin, Madrid a nettement progressé depuis son échec de 2012 et bénéficie de l’engagement inestimable de l’ancien président du CIO, Juan Antonio Samaranch.

Evidemment, ce genre d’élément ne fait officiellement pas partie des arguments étudiés par la commission d’évaluation tenue à l’étude des aspects techniques, environnementaux et sociaux du dossier.

Mais son rapport -l’attribution des JO-2012 à Londres et 2014 à Sotchi l’a montré- n’est qu’une aide à la décision pour la centaine de membres du CIO invités à voter le 2 octobre prochain à Copenhague. Pour 2012, Paris obtenait ainsi de meilleures appréciations que Londres et Pyeongchang que Sotchi pour 2014. Traditionnellement, le libre arbitre et les penchants des Olympiens ont plus de poids que les arguments techniques.