Formule 1

Fait rarissime, Ferrari est devant

Sebastian Vettel remporte le GP de Hongrie. Lent au démarrage, Lewis Hamilton a laissé le champ libre à Ferrari

Fait rarissime, Ferrari est devant

Formule 1 Sebastian Vettel remporte le GP de Hongrie

Lent au démarrage, Lewis Hamilton a laissé le champ libre à Ferrari

Le monde de la Formule 1 se demande depuis des mois comment rendre les courses plus attrayantes pour les sponsors et moins ennuyeuses pour les fans. Le Grand Prix de Hongrie, dimanche, vient d’apporter une solution facile, pas chère et radicale: demander à Lewis Hamilton de foirer son départ.

L’Anglais, qui arbore paraît-il désormais un énorme lion tatoué sur son épaule gauche, n’avait rien d’un fauve lorsque les feux passèrent au vert. Premier sur la grille de départ, il était quatrième à la sortie du premier virage et dixième à la fin du premier tour après une sortie de piste qui faillit également emporter son coéquipier, Nico Rosberg!

La voie était libre pour une course ouverte, pleine de rebondissements et riches en «premières» à l’arrivée: premier podium de la saison sans les deux Mercedes, première victoire pour Sebastian Vettel depuis huit courses, premier retour sur investissements pour Red Bull (Kvyat 2e, Ricciardo 3e) qui veut revenir au premier plan.

On notera aussi le premier podium pour le jeune Russe Daniil Kvyat (2e) et le premier point depuis quatre courses pour l’écurie Sauber (Ericsson 10e). Les esprits sarcastiques ajouteront la cinquième place de Fernando Alonso, dont le coût au point (35 millions de francs de salaire, 1 point avant la Hongrie) vient d’être divisé par dix. Et les Mercedes? Lewis Hamilton termine sixième et Nico Rosberg huitième. Le Genevois Romain Grosjean s’intercale entre les deux leaders du championnat du monde.

Jusque sur les coups de 14h dimanche, ce Grand Prix avait tout pour ressembler aux précédents. En pole position, Lewis Hamilton avait signé les six meilleurs chronos des différentes séances qualificatives. L’Anglais s’élançait en tête pour la cinquième fois de sa carrière. Les quatre précédentes, il avait gagné la course. Sur les dix dernières éditions, il était même le seul pilote à être parvenu – quatre fois donc, et avec 100% de réussite – à remporter et les qualifications et la course. La stratégie du sportif du dimanche devant sa télé était ainsi parfaitement rodée: regarder le départ, puis s’offrir une petite sieste avant d’enchaîner avec la Super League et l’arrivée du Tour de France. C’était sans compter le retard au démarrage de Hamilton.

Beaucoup plus prompt à réagir («ce n’est pas moi qui ai raté mon départ, mais lui qui a été très rapide», prétendra ensuite Lewis Hamilton dans un demi-mensonge) Sebastian Vettel s’empara alors de la tête de la course et ne la lâcha plus, malgré l’irruption de la safety car au 43e tour qui ramena la meute à ses trousses. En voyant s’agiter le drapeau à damiers devant ses roues, Sebastian Vettel rejoignait Ayrton Senna au palmarès avec 41 victoires. Mais c’est à Jules Bianchi qu’il eut la délicatesse de penser. «Merci Jules, cette victoire est pour toi. On sait tous qu’un jour tu aurais fait partie de cette équipe», lança le pilote allemand dans sa radio de bord.

Il insista en conférence de presse. «Cette journée est pour Jules et sa famille. C’est plus important que tout le reste, même si rejoindre un pilote comme Senna est quelque chose d’incroyable. Cette semaine, nous avons tous passé des moments difficiles. Nous sommes tous des compétiteurs, nous partageons une passion commune, même si nous sommes tous des personnes différentes. Notre amour de la course est plus fort que tout.»

Ferrari crut longtemps au doublé, mais un problème technique ruina les espoirs de Kimi Raikkonen, tout comme un accrochage avec Ricciardo à cinq tours de l’arrivée rétrograda Nico Rosberg de la deuxième à la huitième place. Cela fit l’affaire de Lewis Hamilton, qui malgré son départ raté et ses nombreuses erreurs, accentue encore un peu son avance au classement des pilotes. Avant les vacances (la F1 marque une pause), Hamilton compte 202 points contre 181 pour Rosberg. Pour le suspens au championnat du monde, il faudra trouver autre chose.

«Cette journée est pour Jules Bianchi. C’est plus important que tout le reste»

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