Il n'y a pas lieu de s'inquiéter du prétendu échec des grandes nations lors de cet Euro. Seuls huit pays accèdent aux quarts de finale, et peu de «grands» ont été éliminés dans leur groupe. Bien sûr, quelques ténors ont échoué avant les quarts, mais le niveau tend à se resserrer entre les équipes. Pour se qualifier, l'Allemagne devait supplanter dans son groupe les Pays-Bas et la République tchèque, deux favoris de la compétition. Quant à l'Italie, elle a échoué sur le fil. En quart de finale, l'Angleterre s'est inclinée aux penalties face à une excellente équipe portugaise, également tombeuse de l'Espagne, dans le groupe A.

La France représente un cas particulier. L'équilibre interne de l'équipe a semblé perturbé. On n'a jamais senti d'envie et de joie de jouer. Les Bleus ont peiné à se révolter, excepté au pied du mur.

Les «grands», au juste, qui sont-ils? J'observe que les Pays-Bas et le Portugal, deux vainqueurs potentiels, sont toujours en lice pour le titre. Et puis, il est heureux qu'une telle compétition réserve des surprises, à l'image du superbe parcours de la Grèce. A mon sens, parler de nivellement vers le bas ne correspondrait aucunement à la réalité. Depuis quelques années, le jeu ne cesse de s'améliorer d'un point de vue technique, tactique et physique. On assiste à des rencontres palpitantes durant cet excellent Euro. Le manque de buts ne renforce-t-il pas le suspense? Aujourd'hui, une seule action peut faire basculer une rencontre.»