L’Olympique lyonnais a annoncé mercredi qu’un accord avait été trouvé pour le transfert de son attaquant international Karim Benzema au Real Madrid, pour un montant compris entre 35 M EUR et 41 M EUR net, selon ses performances sportives.

L’Olympique Lyonnais, qui ne précise pas la durée du contrat, indique avoir «accepté la décision» de Benzema, qui avait fait part «de son souhait de rejoindre plus rapidement qu’il ne l’avait envisagé initialement le club madrilène».

«Le club souhaite à Karim la plus grande réussite avec le Real Madrid», fait savoir l’OL, non sans souligner que le leader espagnol «bénéficie pour développer son ambitieux projet sportif de dispositions législatives mais aussi fiscales et immobilières incomparables avec la situation en vigueur actuellement en France pour le sport professionnel».

U n pur produit lyonnais

Originaire de Lyon, Benzema, 21 ans, joue à l’OL depuis 2004. Meilleur buteur du Championnat de France en 2007-2008, il a marqué 17 buts en championnat et 5 en Ligue des champions pour son club au cours de la saison écoulée. L’OL avait réaffirmé la semaine dernière qu’il souhaitait conserver Benzema un an de plus, tout en reconnaissant des contacts avec le Real Madrid.

Son recrutement fait suite à ceux du milieu brésilien Kaka (65 M EUR) et de l’attaquant portugais Cristiano Ronaldo (93 M EUR), qui avaient affolé le marché des transferts avec des montants exorbitants.

Sortir de la Ligue 1

Il est difficile de prévoir quel sera le destin de l’attaquant français dans la + jungle + du Real où de nombreuses vedettes ont fini par être broyées. Mais il faut bien reconnaître que le championnat de France (L1) était devenu un champ de bataille trop étroit pour un joueur aussi précoce et que son départ paraissait inéluctable à l’issue d’une saison où son club a cessé de dominer la scène nationale.

Meilleur buteur du championnat en 2007-08 (20 buts) pour sa première saison en tant que titulaire à l’OL, Benzema avait déjà fait le tour de la question en L1 et les sirènes venues des plus grands clubs européens ne pouvaient que l’attirer. «Je porterai un jour le maillot du Real Madrid», ne cessait d’ailleurs de répéter le joueur, sûr de lui-même et de son talent malgré un exercice 2008-09 beaucoup plus mitigé (17 buts en L1, 5 en C1). Il suffisait juste de savoir quand.

Au lendemain de l’élimination de Lyon en 8e de finale de la Ligue des champions face au FC Barcelone (1-1, 5-2) en mars, Benzema, conscient de ses limites, avait pourtant fait part de son souhait de rester encore une année supplémentaire à l’OL.

Le défi

Lors de ces deux confrontations, l’avant-centre de l’OL, impuissant, avait pu mesurer l’écart qui le séparait encore du plus haut niveau mondial. Revenaient également à la surface ses mésaventures en équipe de France (24 sélections, 6 buts) où il peine à s’imposer, à l’image de son Euro-2008 catastrophique.

Mais la volonté du Real et de son nouveau président, le revenant Florentino Perez, de cannibaliser le marché des transferts l’a emporté sur toute autre considération. Le jeune âge du joueur et cette impression de puissance et de facilité technique qu’il dégage avaient de quoi attirer les responsables madrilènes après l’échec des négociations avec l’attaquant de Valence David Villa.

Au contraire des deux Ballons d’Or Ronaldo (93 millions d’euros) et Kaka (65 M EUR), Benzema ne s’aventure toutefois pas en terrain conquis et devra gérer une pression qu’il ne doit sans doute pas tout à fait mesurer. Ce sera là son premier grand test depuis ses débuts chez les professionnels en 2004.

Il devra d’abord appréhender et supporter la folie médiatique qui entoure la Liga et surtout l’institution Real Madrid. Un environnement qu’un autre Français, Nicolas Anelka, n’avait pas su apprivoiser lors de son passage éclair dans la capitale espagnole (1999-2000).

Sur le plan sportif, la concurrence va être également sévère et Benzema devra se faire une place entre les deux stars Ronaldo et Kaka, le monument Raul et une référence mondiale au poste d’attaquant nommée Ruud Van Nistelrooy. C’est peut-être ce dont il avait finalement besoin: sortir de son cocon lyonnais et se faire violence pour donner une nouvelle impulsion à sa jeune carrière.