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A l’heure de rendre publique la décision du Conseil fédéral en faveur de la candidature de Sion aux JO de 2026, Guy Parmelin a mentionné la volonté de soutenir, auprès du Comité international olympique, des Jeux durables, à taille humaine et…
© Peter Klaunzer/Keystone

Candidature

A la recherche de la flamme olympique

Le Conseil fédéral est prêt à engager 995 millions de francs pour Sion 2026. Il reste désormais à susciter l’enthousiasme populaire autour de Jeux d’hiver en Suisse. Il ne faudra guère compter sur Guy Parmelin pour cela

Adolf Ogi a enthousiasmé les Valaisans autour de la candidature de Sion 2006. Ueli Maurer avait des étoiles dans les yeux lorsqu’il parlait de Jeux olympiques d’hiver 2022 aux Grisons. Guy Parmelin lui, n’a pas vendu du rêve mercredi, au moment d’expliquer le soutien du Conseil fédéral à l’organisation de jeux olympiques et paralympiques en 2026 en Suisse. «Nous proposons au Comité international olympique (CIO) des jeux dans l’air du temps», a souligné simplement le Vaudois. C’est-à-dire durables, à taille humaine, et financièrement supportables.

Le ministre l’a reconnu: en début d’année, il n’était guère convaincu par le projet Sion 2026. Mais au terme d’un travail qualifié de «remarquable», les organisateurs ont su amener les clarifications nécessaires pour le séduire ainsi que le Conseil fédéral. «Ces jeux sont synonymes de progrès pour notre pays, notre vie commune, le tourisme et d’autres choses encore.» Voilà pour le frisson.

Lire aussi: L’échec des JO grisons a refroidi le Conseil fédéral

Questions sans réponse

Selon Guy Parmelin, le principal avantage de la décision gouvernementale prise mercredi est d’amener de la clarté «pour tout le monde: les organisateurs, le CIO, les cantons hôtes – Vaud, Valais, Fribourg, Berne et les Grisons – et le public.» Dans la foulée, le ministre a pourtant peiné à répondre précisément à toutes les questions.

Le Conseil fédéral est prêt à investir au maximum 995 millions de francs pour la compétition olympique, dont 827 à titre de garantie fédérale de déficit. Mais la manière d’assurer la limitation de cette garantie reste trouble. Qui paiera en cas de dépassement budgétaire? La question devra être précisée dans le message qui sera délivré d’ici à la fin de l’année.

Une décision incompréhensible pour l'UDC

Le reste de la facture? 8 millions pour le budget de candidature de Sion 2026, 31 millions pour adapter des infrastructures sportives existantes, 129 millions pour la sécurité (20% des coûts des forces de police cantonales et 85 millions pour les services d’organes fédéraux). L’UDC parle d’une décision incompréhensible «compte tenu de la précarité des ressources financières» de la Confédération. Au détriment de quels projets fédéraux, le Conseil fédéral compte-t-il financer les jeux? Guy Parmelin n’a pas de réponse à la question de son parti.

Lire également:  Jean-Philippe Rochat: «Une étape de franchie dans une course d'obstacles»

Votes à régler au cas par cas

Le Conseil fédéral se dit aussi persuadé que le succès de Jeux olympiques dépend du soutien populaire. Mais il n’a pas prévu de présenter au parlement un projet sujet à référendum, comme le demandent les Verts. «Il y a des règles et il faut les appliquer. Sinon on fait de la gym», commente Guy Parmelin.

A l’instar du comité d’organisation, le Conseil fédéral estime aussi qu’un rejet populaire dans l’un ou l’autre canton hôte (Fribourg ou Berne par exemple) ne menacerait pas l’ensemble de l’édifice. Seule certitude: si le Valais dit non, la candidature s’écroule.

Quel visage pour incarner ces jeux?

Projet similaire dans un pays comparable, la candidature autrichienne du Tyrol pour les JO 2026 vient de subir un revers en votation populaire. Guy Parmelin analyse cet échec la tête froide: «Ce projet était beaucoup moins avancé que le nôtre. Et la région d’Innsbruck, qui a voté non, a déjà eu par deux fois les Jeux olympiques et une fois les Jeux de la jeunesse. Y avait-il encore une envie? Poser la question est peut-être y répondre.»

Lire aussi: Jeux olympiques de 2026: les leçons du non autrichien

Pour susciter l’enthousiasme qui a manqué en Autriche, il semble désormais indispensable aux promoteurs de Sion 2026 de trouver une figure capable de l’incarner au-delà de la raison fédérale campée par Guy Parmelin. «Le comité d’organisation doit désigner un visage, au moins un porte-parole, pour incarner ces jeux: Un grand sportif? Un commis de l’Etat? Ce sont des questions importantes», souligne Nicolas Bideau, le directeur de Présence Suisse.

L'exemple de Macron

Il poursuit: «Emmanuel Macron a été déterminant pour Paris 2024». Convaincu de l’important effet positif de Jeux durables sur l’image d’un pays, le Genevois et son équipe sont mobilisés.

Il reste un an de campagne avant que le CIO ne désigne les deux dernières villes en course pour l’organisation des Jeux d’hiver 2026. Le choix final tombera en 2019.

Lire également: Pourquoi le Conseil fédéral peine à se décider sur Sion 2026

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