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La conférence de presse de Sepp Blatter, le 21 décembre 2015.
© PATRICK B. KRAEMER

FIFA

De la réélection dans un fauteuil au siège éjectable, une drôle d'année 2015

Qui se souvient que Michel Platini et Sepp Blatter ont débuté l’année par une réélection triomphale? C’est que l’année 2015 a été très riche en rebondissements dans les arcanes du football

Au début de l’année 2015, tout va bien à la FIFA. Il y a certes plus de candidats que d’habitude (cinq) mais rien ne semble s’opposer à la cinquième victoire consécutive de Sepp Blatter le 29 mai. Dans Le Temps, Jean-Loup Chappelet, fin connaisseur de la gouvernance sportive, voit néanmoins dans cette abondance de candidatures «le signe que la FIFA est en mauvais état.» Officiellement, l’institution a d’autres soucis. Le 25 février, décision est prise de jouer la Coupe du monde 2022 en fin d’année, et non pas en juin comme le veut l’usage. C’était, rappelons-nous le 25 février, «l’un des grands projets de Michel Platini lorsqu’il était consultant de Sepp Blatter». Le 24 mars, le président de l’UEFA est réélu par acclamation pour un troisième mandat.

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Arrive le mois de mai, les beaux jours et les problèmes. Le 20, le principal souci de la FIFA semble être cette demande de la fédération palestinienne de suspendre Israël. Et puis, le 27 à 5h30 du matin, sept hauts responsables sont arrêtés à l’aube par une action conjointe des justices américaine et suisse. Le directeur de l’hôtel Baur au lac l’apprend en regardant CNN. «Sepp Blatter ne danse pas sur son bureau mais il est détendu; il n’est pas impliqué», assure le porte-parole de la FIFA, qui ne survivra pas à cette saillie. Blatter, lui, doit tout de même signer une promesse écrite de travailler avec les autorités. Le 29, jour de l’élection, les sponsors américains mettent la pression et Michel Platini se met à l’anglais: «enough is enough», mais le Valaisan est réélu facilement, le prince Ali abandonnant après le premier tour de scrutin.

Triomphant, Sepp Blatter démissionne pourtant le 2 juin. «Je ne me sens pas soutenu par le monde du football», assure celui qui renoncera à ses fonctions à un congrès électoral extraordinaire.» Pas le temps de s’endormir que le 4 juin, Chuck Blazer passe aux aveux. L’Américain, ancien vice-président de la FIFA, balance tout à la justice américaine. La polémique remonte à Berne où le Conseil fédéral est partagé, entre la volonté de faire enfin quelque chose et la crainte d’être instrumentalisé par les Etats-Unis.

Sepp Blatter, lui, a retrouvé tout son sang-froid. Le 15 juin, il laisse entendre qu’il ne partira peut-être pas. Certains de ses conseillers estiment que sa démission n’était pas nécessaire et il a toujours le soutien de l’Afrique et de l’Asie. Ragaillardi, il accuse le 6 juillet l’Allemagne, Platini et Sarkozy d’avoir fait élire le Qatar pour 2022. Le 20, il convie la presse pour une précision: «Je n’ai pas démission, j’ai remis mon mandat à disposition». Nuance… Il annonce que l’élection de son successeur aura lieu le 26 février 2016 et que les candidats ont jusqu’au 26 octobre pour se déclarer. Michel Platini n’attend que neuf jours pour se lancer. Il a 60 ans (depuis le 21 juin) et un boulevard devant lui. Ce n’est pas le Coréen Chung Mong-joon, candidat le 17 août, qui peut lui barrer la route.

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Du côté de la justice, l’enquête repart le 11 septembre avec les révélations de l’émission «10vor10» qui accuse Sepp Blatter d’avoir bradé en 2005 les droits télés caribéens des Coupes du monde 2010 et 2014 à Jack Warner. Le 18, l’ancien footballeur israélien Benny Alon vient mouiller le secrétaire général de la FIFA Jérôme Valcke dans un trafic de billets VIP. Blatter sacrifie son bras droit le lendemain. Trop tard, il est lui-même visé par une enquête du Ministère public de la Confédération (MPC) le 25 septembre. Cette fois, il risque la prison. Le MPC n’a entendu Michel Platini qu’à titre de «personne appelée à donner des renseignements» mais la question de son éligibilité commence à se poser à partir du 28 septembre.

Le 29, la commission d’éthique s’échauffe en suspendant à vie le multi-récidiviste Jack Warner. Le 8 octobre, elle suspend provisoirement pour 90 jours Sepp Blatter et Michel Platini. Le Camerounais Issa Hayatou assure l’intérim à la FIFA. A l’UEFA, surprise le 26 octobre, lorsque le secrétaire général Gianni Infantino se déclare juste avant la date limite du dépôt des candidatures. Plan B en cas d’empêchement de Platini ou plan A de l’UEFA? Un plan A', au minimum, le 11 décembre, lorsque le TAS confirme les suspensions provisoires de Blatter et Platini. «Attendons que la FIFA se prononce sur le fond», estime le secrétaire général Matthieu Reeb. C’est chose faite le 21 décembre.

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