Toute cette semaine, «Le Temps» raconte le Mondial de foot de 1990, il y a donc exactement trente de cela ans, en Italie. Une édition exceptionnelle, à tout point de vue.

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En 1990, pour l’Italie, la fête est finie

C’est une des équipes nationales les plus mythiques du football mondial, mais de la manière la plus singulière qui soit parce qu’elle est entrée dans l’Histoire à retardement et qu’elle doit cette aura non à ce qu’elle a failli faire, mais à ce qu’elle aurait pu réussir et changer. Le récit a posteriori des événements aime à croire que tout a basculé sur un penalty raté, le 3 juillet 1990 à Florence en quart de finale de la Coupe du monde italienne.

Magnifique et maudite, peut-être magnifique parce que maudite, l’équipe de Yougoslavie 1990 n’est jamais allée aussi loin dans le jeu et les Coupes du monde que la Hongrie 1954, les Pays-Bas 1970, la France 1982, le Brésil 1982 et 1986. Seul le Wunderteam autrichien, stoppé dans des conditions douteuses en 1934 (en Italie, déjà) puis englouti en 1938 dans l’Anschluss, peut lui être comparé. Le parcours de la Yougoslavie lors d’Italia Novanta est un chant du cygne. Le pays est en phase terminale, on ne le reverra plus jamais dans une phase finale.