Tennis

La reine Serena Williams va descendre de son trône

L’Américaine dominait le classement WTA depuis trois ans et demi. Eliminée en demi-finale de l’US Open, elle sera doublée par l’Allemande Angélique Kerber dès lundi

Entre le 18 février 2013 et le 11 septembre 2016 se seront écoulés 1301 jours. Tous les matins pendant cette période, Serena Williams se réveillait et pouvait voir, dans sa glace, le visage de la numéro 1 mondiale du classement WTA. La patronne du tennis féminin. Son règne a été si long que le trône semblait sien ad vitam aeternam. Elle en descendra pourtant ce lundi, peu importe le résultat de la finale de l’US Open qui mettra aux prises la Tchèque Karolina Pliskova (WTA 10) et Angélique Kerber (WTA 2) samedi: l’Allemande prendra la tête du classement. «Quand j’étais enfant, c’était vraiment un rêve de devenir numéro 1 mondiale, a-t-elle déclaré, de son petit nuage. C’est une soirée que je ne pourrai pas oublier de sitôt.»

Serena Williams, elle, a refusé d’évoquer sa destitution. «Je ne parle pas de la première place mondiale, merci», a-t-elle répété plusieurs fois en conférence de presse après sa défaite en demi-finale contre Pliskova. Elle a par contre détaillé des problèmes au genou gauche qui l’ont empêchée d’être complètement à son affaire et de se déplacer correctement sur le court. Sa déception était aussi palpable que compréhensible. A l’US Open, un de ses tournois favoris (six victoires), elle avait l’occasion d’ajouter deux records particulièrement significatifs à sa collection: celui du nombre de victoires en tournois du Grand Chelem depuis le début de l’ère Open en 1968, et celui du nombre de semaines consécutives passées à la première place du classement ATP. Deux tabelles où elle partage la première place à égalité avec l’Allemande Steffi Graf.

L’heure du déclin?

Aucun doute: elle aura de nouvelles occasions de décrocher un 23e titre majeur, notamment à Wimbledon, où elle a déjà gagné sept fois. Pour la longévité, cela paraît par contre moins bien parti. L’Américaine affiche tout de même 34 ans. Le 18 février 2013, âgée de 31 ans, elle était déjà devenue la joueuse la plus âgée à prendre les commandes du classement WTA. Même si elle parvenait à reprendre la tête un jour ou l’autre, y demeurer trois nouvelles années et demie semble impensable.

L’heure du déclin a-t-elle sonné pour la cadette des sœurs Williams? Avant d’être éliminée en demi-finale à l’US Open, elle avait déjà connu une désillusion aux Jeux olympiques, sortie dès le troisième tour. Mais son entraîneur Patrick Mouratoglou est convaincu que sa protégée n’est pas finie. «Cela ne fait pas plaisir, mais ce n’est pas la fin du monde. Cela fait trois ans et demi qu’elle est numéro 1 et elle récupérera cette place quand elle l’aura décidé.» Le Français a aussi évoqué les priorités de la championne: «Ce qui est très important pour elle, ce sont les tournois du Grand Chelem. Elle veut en gagner un maximum. Elle est en train d’écrire une page de l’histoire du tennis.»

En attendant, c’est Angélique Kerber qui profite de son heure de gloire. Elle ne sera que la deuxième Allemande à monter sur le trône après… Steffi Graf, bien sûr. Impressionnante depuis le début de l’année, la joueuse de 28 ans n’a pas perdu le moindre set à New York depuis le début de la quinzaine. En finale, elle n’aura qu’à faire comme si rien n’avait changé.

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