Arc jurassien. A mi-parcours, le succès des Championnats d'Europe juniors féminins est éclatant. Toutes les prévisions sont dépassées. En quatre belles journées, les salles de Neuchâtel et Bienne auront accueilli plus de cinq mille spectateurs. Les spectateurs sont enthousiastes et reviennent. A Bienne, par exemple, il y a un public turcophile qui soutient l'équipe… de Turquie. Mais on vient surtout voir l'équipe des jeunes Suissesses. Et c'est vrai qu'elles sont étonnantes, qu'elles frappent dur et qu'elles y croient: gagnantes contre la Belgique, elles ont réussi à «prendre des sets» aux équipes de Pologne, de Croatie et de Turquie. «Une excellente équipe», commente Olivier Mottet, directeur de la compétition. «La mission est remplie: le volleyball suisse s'offre une superbe vitrine, les meilleures équipes d'Europe s'affrontent ici.»

Le jeu a changé depuis l'introduction du Rally point system, où chaque équipe peut jouer une balle, un point. Le jeu y gagne en vitesse et en rebondissements. Une autre modification tient dans l'avènement des liberos, pour lesquels le nombre de changements en cours de match n'est pas limité, contrairement aux autres joueuses (trois changements par set). On obtient ainsi un jeu qui demande plus de coordination et de technicité aux joueurs – surtout lorsqu'il s'agit de réceptionner une balle. Cela permet de plus d'avoir des échanges plus longs, ce qui n'est pas pour déplaire aux spectateurs.

Parmi les acteurs de ce renouveau et de cette belle fête sportive, il y a la Fédération suisse de volleyball, la Confédération européenne de volleyball et l'Association olympique suisse, tous liés pour redorer les filets du volley helvétique. Leur prochaine mission aura lieu en 2006-2007: organiser un événement du même niveau, mais pour les seniors cette fois. Il faut le faire, non seulement pour conjurer la mauvaise expérience du retrait de la candidature de 2003, suite à la défection de l'équipe nationale. Mais aussi plus généralement pour faire renaître ce sport. Olivier Mottet raconte: «Avec l'entraîneur Bosetti, nous avons tiré un bilan de la décennie 1990-1999. Il faut savoir corriger ses erreurs.»

Former un set de base

La renaissance du volleyball suisse, c'est avant tout sa relève. «Maintenant, on tourne la page. D'ici à 2006, notre but est d'identifier et de former un set de base (12 à 16 joueuses) qui permette à notre pays d'être qualifié. L'objectif est de parvenir dans le peloton des huit meilleures équipes d'Europe, s'enthousiasme Olivier Mottet. Et pour assurer cette relève, il faut commencer par former les entraîneurs, leur transmettre un savoir-faire.» «Nos priorités? L'équilibre psychique des joueurs. Ensuite, il faut avoir le courage de sélectionner en fonction de critères physiologiques et psychologiques. Nous cherchons des joueuses qui mesurent au moins 1 m 80, qui présentent d'excellentes capacités de coordination, et surtout qui ont une volonté et un esprit orienté sur le sport d'élite. Mais il est très important de garder le plaisir de jouer, sans lequel rien n'est possible», conclut le responsable. On se réjouit de rencontrer les élues…