On lui souhaite d’avoir eu d’autres images au moment fatal où, paraît-il, chacun revoit le film de sa vie, mais il est probable qu’il y ait pensé une ultime fois. Il en était d’ailleurs lui-même persuadé: «J’y penserai jusqu’à ma mort.» Finale de la Coupe du monde de football, le 25 juin 1978 à Buenos Aires: Argentine et Pays-Bas sont à égalité (1-1) à quelques secondes de la fin du temps réglementaire. Un long coup franc vers l’avant de Ruud Krol lobe le défenseur Jorge Olguin. Du pied gauche, Robbie Rensenbrink pousse la balle juste avant l’intervention du gardien, Ubaldo Fillol.

«Tegen de paal!» s’écrie Theo Reitsma, le commentateur de la télévision néerlandaise. «Contre le poteau!» L’Argentine gagnera 3-1 en prolongations, les Pays-Bas ne seront jamais champions du monde et Rensenbrink vivra avec ce regret, endurant dignement mais douloureusement ce supplice du paal.