Football

La rentrée des classes de la Nati

Les joueurs de l’équipe de Suisse se sont retrouvés pour la première fois depuis l’Euro lundi à Feusisberg. Une reprise en douceur avant d’accueillir le Portugal mardi prochain à Bâle

Qu’elles semblent loin, les suspicions d’une équipe de Suisse gangrenée par des clans. Certains observateurs craignaient que la sélection de Vladimir Petkovic ne vole en éclats sur la route de l’Euro français à cause d’un supposé «Balkangraben» entre les albanophones de l’équipe et les autres. Depuis? La Nati a quitté la compétition – au stade des huitièmes de finale –, frustrée mais définitivement unie. Ses cinq semaines de vie en commun – deux en stage de préparation à Lugano, trois à Montpellier – n’ont pas érodé l’entente entre les joueurs. Elles semblent plutôt l'avoir renforcée.

Il fallait pour s’en convaincre assister à leurs retrouvailles, lundi, sur le perron du Panorama Resort & Spa de Feusisberg, où l’équipe de Suisse a ses habitudes sur les bords du lac de Zurich. Une véritable rentrée des classes, avec de jeunes gens excités à l’idée de se retrouver après deux mois loin les uns des autres. A la sortie des voitures, les sourires n’avaient rien de simulé pour bien paraître sous les flashes de la dizaine de photographes présents; les accolades n’étaient pas forcées. Comme souvent, Breel Embolo rayonnait de joie de vivre un peu plus que les autres, mais le plaisir d’être là était manifeste chez chacun.

Les membres du staff ne s’y trompent pas et se remémorent les semaines passées en commun pendant l’été comme de moments d’osmose. Le sélectionneur Vladimir Petkovic, lui, fait désormais du «bien-vivre ensemble» un élément clé du programme de son équipe. En ligne de mire, il y a bien sûr le match de mardi prochain contre le Portugal champion d’Europe, à Bâle, première étape de l’itinéraire qui doit mener sa troupe en Russie pour le Mondial 2018. Mais avant cela, il y a neuf jours de rassemblement et pas mal de temps pour soigner les liens tissés ces derniers mois. «Nous n’avons pas de match amical au programme, a-t-il rappelé devant la presse. Nous allons nous entraîner, faire des petites confrontations à 11 contre 11, mais nous avons surtout du temps pour l’esprit d’équipe. Pour créer de nouvelles amitiés.»

Pas (encore) de problèmes

Depuis l’Euro, rien n’a changé ou presque. Aucun néophyte n’a débarqué à Feusisberg. Le Championnat d’Allemagne, où beaucoup de footballeurs suisses évoluent, n’est vieux que d’une semaine et Vladimir Petkovic ne voulait rien révolutionner sans avoir d’indications solides sur lesquelles se baser. Breel Embolo (Schalke 04) et Haris Seferovic (Eintracht Francfort) n’ont pas été titularisés mais même si le temps de jeu en club demeure un critère essentiel aux yeux du sélectionneur, la situation n’est pas encore critique. Celle du capitaine Stephan Lichtsteiner, plus un titulaire en puissance à la Juventus, non plus. «Nous ne sommes pas encore assez loin dans la saison pour en tirer des enseignements», a confirmé un Petkovic d’excellente humeur.

La rentrée des classes n’est pas le moment de détailler des problèmes où il n’y en a pas (encore). C’est le moment de se souvenir, de se féliciter. Même pas de se tuer à la tâche: avec le temps maussade, le premier entraînement prévu à Freienbach en fin d’après-midi a été annulé. Restait au programme un repas en commun, un entraînement avec des enfants et, en soirée, les Swiss Football Awards, où l’Association suisse de football décerne quelques distinctions. Le gardien de la Nati, Yann Sommer, a été nommé meilleur joueur de l’année, le jeune défenseur Nico Elvedi meilleur espoir et le sélectionneur Vladimir Petkovic meilleur entraîneur. Une distribution de bons points en attendant les premiers tests.

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