Le football suisse, à l'image de la politique, prône traditionnellement le consensus. Si la formule magique est appliquée au Conseil fédéral, l'ASF compose avec une autre règle d'or: le tournus – règle non écrite – au poste de président. Ainsi, depuis l'après-guerre, l'Association suisse de football est présidée à tour de rôle par le candidat d'une des trois sections: la ligue nationale (LN, secteur professionnel), la première ligue ou la ligue amateurs. Proposé par cooptation, celui-ci fait généralement l'unanimité au sein de l'assemblée des délégués. Cette dernière est composée de 101 personnes: 28 pour la LN (à l'époque, il y avait 14 clubs en LNA et autant en LNB), 26 délégués pour la première ligue et 47 pour la ligue amateurs. Cette répartition remonte à 1958 et n'a pas été changée depuis lors… Pour une simple raison: la plus petite des sections (26) ne peut pas être minorisée par les deux autres lors de réformes importantes car il faut une majorité des trois quarts pour modifier les statuts de l'ASF. Ou quand une autre valeur bien helvétique, le respect des minorités, s'applique au football. Par contre, chaque section garde une grande autonomie pour son fonctionnement et ses décisions.