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Roger Federer, le 16 juillet 2017
© AFP

Tennis

Respirer, la méthode de Roger Federer pour remporter Wimbledon

Le Bâlois remporte son huitième Wimbledon, un record. Il s’est régénéré depuis un an en s’accordant deux très longues pauses. Comme souvent, le monde du tennis va désormais copier son exemple

Faire un break. Quoi de plus logique pour un joueur de tennis? Et pourtant… Sur le circuit professionnel, c’est en passe de devenir une nouvelle mode. Inspirée par Roger Federer, une de plus.

Depuis qu’il domine le tennis mondial, le Bâlois exerce une très forte influence sur ses contemporains. Ils ont copié chez lui sa méthode d’entraînement et sa planification des saisons (alternance de cycles comprenant chacun trois phases: préparation, compétition, repos). Suivant son exemple, ils n’ont plus craint de choisir Dubaï comme hub tennistique, de voyager avec femme et enfants, de parfois se présenter à un Grand Chelem sans beaucoup de tournois préparatoires. Ils se sont même surpris à être fair-play entre eux et disponibles pour les médias.

Ils apprennent désormais, à leur corps défendant, les bienfaits de la pause. Couper, s’arrêter, souffler, et pas seulement lorsque le corps lâche. Ce qui fut longtemps considéré comme une hérésie sportive, un suicide économique, est en passe de devenir un judicieux investissement sur le long terme.

Lire aussi:  Et Wimbledon inventa la «heat map»

Décision il y a un an

Roger Federer n’a pas (seulement) gagné Wimbledon parce qu’il est le plus talentueux ou le plus élégant. Il a gagné parce qu’il était le plus frais, le plus en forme, le mieux dans son corps. Novak Djokovic, Andy Murray, Stan Wawrinka étaient eux diminués. La différence? Une décision prise il y a pile un an lorsque, miné par des douleurs au genou, Federer décidait d’arrêter sa saison 2016 le 8 juillet, au lendemain d’une amère défaite en demi-finale.

La douleur accompagne le joueur de tennis aussi sûrement que son sac de sport.

Il n’est revenu que six mois plus tard, à l’Open d’Australie. Un retour triomphal, suivi d’une tournée victorieuse aux Etats-Unis (titres à Indian Wells et Miami). Alors que la place de numéro un mondial redevenait un objectif réaliste, il préféra à nouveau se retirer. Pas de saison sur terre battue, pas de Roland-Garros. La sagesse, encore. «C’était un choix difficile mais il a été payant avec la fraîcheur que j’ai retrouvée ici.»

La douleur accompagne le joueur de tennis aussi sûrement que son sac de sport. Elle est au moins aussi encombrante. «La dernière fois que Rafa a joué sans avoir mal quelque part? Je pense que ça devait être en 2009», a ironisé récemment Toni Nadal. L’an dernier, Andy Murray et Novak Djokovic ont forcé tout l’automne pour se disputer la place de numéro un mondial. Aujourd’hui, les deux parlent de faire une très longue pause. «Ce qui intéresse Andy, ce sont les titres majeurs, alors s’il ne se sent pas à 100% pour l’US Open, la prochaine étape c’est l’Australie», croit savoir son ami Jamie Baker.

Une affaire de passion

A des journalistes serbes, Novak Djokovic a laissé entendre qu’il pourrait faire l’impasse sur les Internationaux des Etats-Unis et toute la fin de la saison. Depuis plus d’un an, le Serbe soigne des douleurs chroniques au coude droit. «Les soins ne font plus vraiment effet depuis sept mois», a-t-il reconnu après son abandon en quart de finale.

Stan Wawrinka, lui, a mal au genou. En ce moment, c’est le gauche. Auparavant, c’était le droit. «Le fait de compenser, sans doute.» Le Vaudois veut désormais prendre le temps. «Je ne reviendrai que si j’ai l’assurance d’être à 100% de mes moyens», a-t-il affirmé en quittant Londres.

Même promesse pour Timea Bacsinszky. La Suissesse, éliminée au troisième tour par Agnieszka Radwanska, est déjà forfait pour Gstaad (17-23 juillet) et ne s’est pas inscrite à Cincinnati (13-20 août), juste avant l’US Open. Elle aussi avait trouvé un second souffle après un long break en 2013. C’était alors plus qu’une pause, une retraite. Elle en est revenue plus forte parce que plus déterminée, plus sûre de ses choix.

Le moteur de la compétition n’est ni la gloire ni l’argent. Malgré toutes les dérives, le sport reste affaire de passion, d’amour du jeu. C’est ce capital, ce trésor, qu’il faut préserver. Voilà le sens de ce huitième sacre de Roger Federer à Wimbledon.

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