Coupe du monde

Le résultat dont la Nati se contente avec bonheur

A Rostov-sur-le-Don, l’équipe de Suisse a obtenu contre le Brésil un match nul qui vaut cher (1-1)

Avant la rencontre, Vladimir Petkovic avait dit que son équipe de Suisse ne jouerait pas pour obtenir un match nul contre le Brésil. Que contre n'importe quelle équipe, ce n'était qu'un «demi-résultat». Mais ce «demi-résultat», elle l'a obtenu et contre le grand favori du groupe E, contre l'un des principaux candidats à la victoire finale, elle s’en contentera avec bonheur. Beaucoup lui prédisaient une soirée plus pénible qu'elle n'a finalement connu, dans la chaleur nocturne de Rostov-sur-le-Don.

Il n’y a pourtant un fossé entre le Brésil et la Suisse qu’en se reférant à l’histoire. Le Brésil a participé à toutes les éditions de la Coupe du monde (c’est-à-dire 21), la Suisse à onze seulement. Le Brésil en a remporté cinq, la Suisse aucune. Mais les confrontations directes témoignent d’un écart largement moindre (deux victoires suisses, deux nuls, trois défaites, huit buts marqués, dix encaissés) et la dynamique actuelle tend même à placer les deux formations sur un pied d’égalité. Brésil et Suisse n’ont perdu qu’un de leurs, respectivement, 21 et 22 derniers matches. Deux équipes sœurs de trajectoire récente.

Mais sur le terrain, une différence culturelle se manifeste immédiatement. Dès l’échauffement, à vrai dire, effectué sous le vacarme assourdissant des hauts-parleurs de la Rostov Arena: les Suisses suivent un protocole strict sous la direction du préparateur physique; les Brésiliens passent en coup de vent (un petit quart d’heure) faire une partie de passes à dix et repartent aux vestiaires tranquillement.

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Valon Behrami en patron

Cela explique peut-être que la Nati a semble réussir la meilleure entame de match. Les hommes de Vladimir Petkovic pressent haut et affichent leur ambition tactique: empêcher leurs adversaires de réussir une première relance propre. Cela désarçonne quelque peu le capitaine Marcelo et ses coéquipiers, qui balbutient leur football. Lorsqu’ils mettent le pied sur le ballon, ils ne sont pas pressés d’en faire quelque chose. A la 10e minute de jeu retentissent les premiers sifflets du public, impatient que le match commence vraiment.

Côté suisse, le seul Valon Behrami tranche par son engagement et sa réponse virile mais correcte apportée à la question Neymar. Le Tessinois, qui dispute sa quatrième Coupe du monde, gagne plusieurs duels et si la star du PSG bouillonne d’envie de faire la différence (il est le seul Brésilien à tenter de petits dribbles), il n’y parvient pas. Les deux bons coups-francs qu’il obtient (15e et 30e) ne donnent rien.

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Mais petit à petit, la Seleção reprend le contrôle du match et s’installe dans le camp suisse. A la 19e minute de jeu, Philippe Coutinho a tout le temps nécessaire pour ajuster sa frappe. Magnifiquement enroulée, elle laisse Yann Sommer impuissant et la Nati groggy.

Mais les hommes du sélectionneur Tite n’en profitent pas pour tenter d’enfoncer le clou. Ils doivent laver leur honneur après le 7-1 concédé à domicile, en 2014, contre l’Allemagne, soit, mais sur la longueur du tournoi. Alors ils ne s’excitent pas et reprennent leur rythme de sénateur.

Neymar muselé

A la mi-temps, impossible de dire que la Suisse passe à côté de son match ou qu’elle se laisse dévorer par la pression comme lors de sa dernière défaite en date, contre le Portugal, en qualifications pour le Mondial. Elle ne craque pas. Mais elle ne témoigne pas non plus d’une grande capacité de rebéllion. Et pourtant: dès le retour des vestiaires, elle s’immisce dans le camp auriverde. A la 50e, Xherdan Shaqiri enroule son corner pour la tête de Steven Zuber, seul à cinq mètres. C’est 1-1. Miranda a beau hurler qu’il a été poussé, l’arbitre refuse d’en référer à ses assistants vidéo.

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L’euphorie suisse retombe immédiatement, en même temps que Valon Behrami, qui semble s’être fait très mal au genou. Mais le vieux héros revient sur le terrain en grimaçant. A peine de retour, il récupère un ballon de plus dans les pieds de Neymar, bien muselé. Mais il finit par céder sa place à la 70e à Denis Zakaria. La fin de match est difficile pour l’équipe de Suisse, contre un Brésil soudain décidé à aller chercher la victoire. Mais Yann Sommer justifie son statut de numéro 1 en sélection avec plusieurs parades impeccables. La Nati a réussi ses débuts en Russie.


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