Son équipe a quelque peu cafouillé face à de modestes Géorgiens. Elle aurait même pu perdre son fragile avantage sans un arrêt spectaculaire de son gardien remplaçant Kristoffer Nordfeldt, à la 82e minute. Mais qu’importe: le vétéran Zlatan Ibrahimovic, 39 ans, a passé une excellente soirée. Dès son arrivée sur le terrain, il a entonné l’hymne national, ce qu’il n’avait jamais fait au cours de ses 116 précédentes sélections. Quelque peu esseulé à la pointe de l’attaque suédoise avec Alexander Isak, un jeunot de 21 ans, il s’est bien gardé de houspiller ses coéquipiers, comme il en a l’habitude. Mieux: il n’a pas eu l’égoïsme de marquer – comme il l’a déjà fait 62 fois sous le maillot des blagult – mais il a contribué brillamment à la victoire suédoise par une passe décisive. «C’était génial, comme le premier match que j’ai joué en équipe nationale, s’est enthousiasmé l’attaquant de l’AC Milan. Dommage qu’il n’y ait pas eu de public!»

Le message est bien passé: c’est un nouveau Zlatan, à l’opposé de la diva mégalo que l’on pensait connaître, ancienne star du PSG et de Manchester, pigiste de luxe à Los Angeles, qui est de retour en Suède après cinq ans de retraite puis de bannissement. Le ton avait été donné dès son arrivée. A l’entraînement, il a ramassé lui-même les ballons, se sont étonnés les journalistes sportifs suédois, ravis d’avoir enfin du people à se mettre sous la dent. Il n’a pas réclamé son mythique numéro 10, ni le capitanat de l’équipe, ont souligné d’autres. «Je ne suis pas là pour faire mon propre show», a confirmé le revenant lors de la conférence de presse d’avant-match, répétant qu’il voulait «aider et contribuer». Habile, il a même essuyé une larme en évoquant ses enfants restés en Italie, et a remercié Janne Andersson, le sélectionneur, de «la chance» qu’il lui avait donnée.