Comment l'Europe vit-elle les Etats-Unis de Donald Trump? Alors qu'une élection majeure se déroulera le 3 novembre, nous consacrons une série d’articles à cette Amérique qui fascine toujours, qui trouble ou qui dérange.

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Les Américains sont des fous de sport. On le sous-estime généralement en Europe parce qu’il s’agit d’autres sports (football américain, baseball, nascar) ou parce qu’ils se passionnent pour des sports qui sont chez nous secondaires (basketball, hockey sur glace). Ils ont leurs sports, nous avons les nôtres. En fait, historiquement, c’est l’inverse. Soucieux de s’affranchir de l’influence britannique, les Etats-Unis ont créé durant le XIXe siècle leurs propres jeux, leur propre mythologie sportive.

Le paradoxe – qui est même une anomalie si l’on songe à McDo, à Coca, à Hollywood, au rock et au rap, à Facebook et à Netflix – c’est qu’ils n’ont jamais réussi à étendre leur impérialisme culturel au sport. Alors certes, nous nous sommes mis au Cross Fit après le running, le frisbee, le skateboard et l’aérobic, mais il ne s’agit là (pour l’immense majorité) que de pratique loisir. Certes, nous portons des casquettes de baseball, des blousons de football américain, enfilons des Stan Smith ou des Air Jordan, pédalons sur des fixies, mais souvent sans même y réfléchir et sans en saisir les références. Pour le sport professionnel, celui qui nous accompagne en pleine conscience, l’Atlantique est un mur.