Football

Et le rêve de l’équipe de Suisse vola en éclats

Broyés par la pression de l’enjeu et d’un stade immense, les hommes de Vladimir Petkovic n’ont pas existé, mardi soir, face au Portugal (2-0). Cet unique faux pas les condamne à passer par les barrages pour se qualifier pour le Mondial 2018

La série de victoires de l’équipe de Suisse devait bien se terminer un jour. Cela aura été mardi soir, au Portugal, au pire moment possible. Sa défaite 2-0 à Lisbonne, la seule qu’elle aura concédé lors des éliminatoires pour la Coupe du monde 2018, suffit à la condamner à des barrages pour obtenir sa qualification. 

En soi, le résultat n’a rien de honteux: en face se tenaient les champions d’Europe en titre. Tout autour, quelques 60 000 supporters enflammés. Mais il vient ternir un parcours jusque-là parfait, comme une violente dispute pendant le café pourrit une soirée entre amis. Sous la terrible pression de l’enjeu et d'un Estadio da Luz comble, le rêve éveillé de la Nati a volé en éclats. Point de qualification directe pour le Mondial. Point de cet exploit qui doit définitivement inscrire la génération des Shaqiri, Xhaka et compagnie comme la meilleure de l’histoire. La marche était encore trop haute; il faudra retourner au charbon.

Le premier orage est passé

Dès les premiers instants de la partie, les hommes de Vladimir Petkovic sont apparus plus fébriles que jamais. Le Portugal avait décidé de mettre le feu d’entrée; la Suisse n’était pas armée de son sang-froid habituel pour riposter. Les cinq premières minutes: un festival de dégagements chaotiques et de passes ratées. Au premier arrêt de Yann Sommer (6e minute de jeu), ses coéquipiers n’avaient pas réussi une sortie de zone propre.

Pourtant, l’orage est passé. Pendant une demi-heure, la Nati s’est emparée de la possession de la balle. Certes, dans son propre camp. Mais dans un match où un point est suffisant pour décrocher une qualification pour un grand tournoi, cela peut suffire. Peut-être que cette pensée a effleuré l’esprit des joueurs? Vladimir Petkovic avait été très clair quant au danger de viser le nul, mais une fois sur le terrain, peut-être ses hommes s’y sont-ils accrochés.

Toujours est-il qu’ils ont oublié de jouer, ou qu’ils n’y sont pas parvenus. Le constat est terrible: même menés, le dos au mur, les Suisses n’ont jamais été dangereux durant cette rencontre. Pas une fois le gardien Rui Patricio n’a dû s’interposer. Jamais il n’a été mis en danger.

Le score aurait pu être plus lourd

Et à force de titiller le verrou, les Portugais sont parvenus à le briser, au détriment du malheureux Johan Djourou qui a lui-même poussé le cuir dans les filets défendus par Yann Sommer. Le match ne vivait alors que sa 40e minutes. Il restait plus d’une mi-temps pour réagir. Mais la Nati n’en avait pas les moyens. A l’heure de jeu, le second but est tombé comme un fruit mûr. Il aurait pu y en avoir d’autres.

Les Suisses ont bien essayé de se battre, mais tous leurs efforts restaient stériles. Xherdan Shaqiri n’a rien réussi de tout ce qu’il a entrepris. Haris Seferovic a traversé la rencontre comme un fantôme. Admir Mehmedi n’a pas amené ce supplément de folie qui l’anime parfois.

Les entrées des chouchous du public Denis Zakaria, Steven Zuber et Breel Embolo n’ont pesé d’aucun poids sur le déroulement de la partie. La Suisse avait jusqu’ici tout réussi en équipe. C’est aussi ainsi qu’elle a vécu son naufrage au Portugal.

Publicité