Inhibé dans son pays, Richard Gasquet exporte ses talents avec succès... ou presque. Le Français, seul au monde pendant deux sets, a servi pour le gain du match, avant de subir en retour l'entêtement féroce d'Andy Murray, vainqueur à la nuit tombée sur le score de 5-7 3-6 7-6 6-2 6-4.

Richard Gasquet a étalé une aisance que beaucoup lui suspectent, mais que son émotivité confine à des fulgurances ponctuelles. «On répète sans cesse que j'ai du talent, désespère-t-il. Les gens disent: «Il a tout.» Je l'entends depuis que je suis petit. Je voudrais répondre que je travaille dur, très dur, pour donner cette impression de facilité.» Tout à ses ambivalences, l'esthète nourrit autant d'ambition pour la virtuosité que pour l'efficience: «Je voudrais ressembler à mon idole d'enfant, Zinédine Zidane.» Mais cette profession de foi n'ira pas sans remporter des titres, sans s'accommoder d'une certaine vulgarité de la victoire.

Nadal comme Casillas

Dans une autre logique, Rafael Nadal a battu Michail Youzhny 6-3 6-3 6-1, respectant un pacte conclu avec son ami Iker Casillas, gardien de l'Espagne: ramener les trophées de l'Euro et de Wimbledon au pays. Commentaire: «Il me reste à accomplir la partie la plus difficile.»