Robin Söderling maudira longtemps cette année où, à quatre reprises, il fut écrasé par la marche historique de Roger Federer, comme si sa «coupe hérisson» le prédestinait à cette funeste interférence. Après Madrid, Roland-Garros et Wimbledon, le Suédois a subi une nouvelle désillusion, cette nuit, à l’US Open (6-0 6-3 6-7 7-6).

Le vent était froid, quasi tempétueux. Il a charié tout à la fois le brouhaha de la foule, le grondement des avions au décollage, et l’envolée séditieuse des cartons de bières. Un homme a remis de l’ordre sur ce central déluré, un seul: le maître des lieux. Avec un service sûr, malgré les bourrasques, avec une légèreté aérienne, Roger Federer a imposé une maîtrise absolue, parfois jusqu’à la virtuosité, contre un adversaire beaucoup moins inopérant qu’il n’y paraît.

Quelques étourderies au tie-break du troisième set (il menait 4-0) ont retardé l’inéluctable, puis enhardi Robin Söderling, inlassable Söderling, dont le coup droit a subitement retrouvé une certaine profondeur, le service des pourcentages élevés, et le cerveau une euphorie caractéristique. Un autre match a commencé, au coeur de la nuit débridée. Mais Robin Söderling fut à nouveau remis à l’ordre, pauvre Söderling, sous l’autorité technique du maître.

Pour sa vingt-deuxième demi finale consécutive en Grand Chelem, record invraisemblable, Roger Federer retrouvera son vieil «ami» Novak Djokovic, vainqueur de Fernando Verdasco 7-6 1-6 7-5 6-2. Le Serbe est en reconquête, tout juste pardonné de ses esclandres de l’an dernier où, hué par la foule, il avait fini par craquer nerveusement. Hier, le repenti a invité des orphelins du 11 septembre, sans «vouloir commenter cette action et en tirer la moindre publicité», deux jours après avoir sorti John McEnroe de sa cabine de commentateur, pour quelques échanges rieurs.

Samedi (18 h suisse), sur le central archicomble, «ce ne sera plus une partie de rigolade», convient-il lui-même.