Il y a comme une légère tendance à faire du copier/coller avec les matches de Roger Federer en cette première semaine de l’Open d’Australie. Hormis le set initial abandonné au coriace Russe Igor Andreev, le maître déroule à loisir. Trois sets en 1h39’ contre le Roumain Victor Hanescu au 2e tour, trois sets (6-3 6-4 6-4) en 1h48’ samedi au 3e tour. La victime, cette fois, est un Espagnol nommé Albert Montanés, tête de série No 31, principalement réputé pour son jeu de fond court peu compétitif sur une surface semi-rapide tel que le plexicushion de Melbourne.

S’agissant du «duel», le tour du propriétaire est vite accompli: 66% de premières balles de service, un peu plus de fautes non provoquées que l’adversaire (39 à 33), mais le double de coups gagnants (les «winners»), 36 à 18.

Pas grand-chose à ajouter, sinon que, dixit le vainqueur, «Je me sens frais, physiquement au top pour élever mon niveau de jeu en deuxième semaine, face à des joueurs plus capés. Et il le faudra, car ils sont toujours davantage à pouvoir remporter un Grand Chelem. Bon, cela dit, on ne doit pas oublier qu’en tennis, la victoire ne s’offre jamais facilement, même en trois sets, ni que l’on peut se révéler excellent un jour et commettre des horreurs le lendemain.»

Le moment serait mal choisi, puisque le prochain opposant de Federer, lundi en 8e de finale, sera un homme de poids: le toujours vaillant guerrier australien Lleyton Hewitt (No 22), une vieille connaissance du même âge (28 ans), que le Bâlois a déjà rencontré 23 fois pour 16 victoires, dont... les 14 dernières.

Samedi soir sur le court central, le meilleur des Aussies n’a pas eu besoin de s’employer pour venir à bout du revenant chypriote Marcos Baghdatis, contraint de quitter l’arène à 0-6 2-4 pour cause de blessure à l’épaule droite. Il est vrai que rien ne fonctionnait pour lui depuis le début de ce non-match, et que son marathon en cinq sets au tour précédent devant David Ferrer a dû l’éprouver.

Commentaire laconique de Federer: «Hewitt a un jeu très stable, un mental fort, ne lâche rien et évoluera devant son public.»

Un public auquel «Rodgeur» a révélé, au micro de l’intervieweur de service à l’issue de son succès aux dépens de Montanés, que ses parents avaient hésité à s’établir en Australie après l’Afrique du Sud, mais que finalement, ils avaient opté pour la Suisse. Le «Ooooh!» de déception des spectateurs indique a quel point ce pays avide de tennis, à la recherche de sa gloire élimée, aimerait chouchouter un No 1 mondial...