Tennis

Roger Federer éteint la rumeur et ravive la flamme

Troisième tour à l’US Open et première prestation convaincante pour le Bâlois, vainqueur très propre de Feliciano Lopez (6-3 6-3 7-5)

Il faut toujours écouter Roger Federer. Après son premier tour (victoire en cinq sets sur l’Américain Frances Tiafoe), le Bâlois avait souligné que l’essentiel pour lui avait été de pouvoir jouer l’US Open, pas d’y être à 100% tout de suite. Après le deuxième tour (encore cinq sets, contre le Russe Mikhail Youzhny), il avait expliqué que sa préparation tronquée le privait de repères, l’obligeait à un temps de réaction plus long, à des déplacements moins précis.

A chaque fois, il ajoutait qu’il n’était pas inquiet. Il fallait le croire. Samedi, Roger Federer a livré une prestation très propre pour battre l’Espagnol Feliciano Lopez (35e mondial) en trois sets (6-3 6-3 7-5) et 1h47 d’un match programmé en night session et disputé sous toit.

La rumeur d’un forfait

L’après-midi, alors qu’il faisait encore beau sur New York, une sombre rumeur avait pourtant enflammé les réseaux sociaux et obscurci l’horizon: Federer ne jouerait pas ce soir. L’affaire fut jugée suffisamment importante pour que Severin Lüthi, l’entraîneur du Bâlois, se fende d’un démenti sur Twitter. En fin de journée, la foule se pressait derrière le grillage des courts d’entraînement. Tout au fond, tout de noir vêtu, Federer tapait des balles, semble-t-il normalement.

Roger Federer a joué. Et plutôt bien. Efficace au service, en première comme en deuxième balle, tranchant en retour, à l’aise dans ses déplacements, le Suisse a rapidement pris la mesure d’un Feliciano Lopez impressionnant de puissance mais assez friable dans les moments chauds. Les cinq fois où Federer réussit le break, les cinq fois l’Espagnol commit une faute directe. Ceci explique en partie pourquoi Lopez n’a jamais battu Federer en 13 rencontres.

Un prochain tour à sa main

Impérial au service dans la première manche (deux points seulement perdus sur ses mises en jeu), Roger Federer fut un peu moins performant en première balle mais connut une réussite remarquable sur ses seconds services, où ses effets diaboliques déroutèrent son adversaire. Dans la troisième manche, il réussit le break rapidement à 2-1 mais Lopez, qui se mit alors à lâcher complètement ses coups, refit immédiatement son retard. Federer concluait néanmoins sur un nouveau break à 6-5 et s’évitait un tie-break.

Très heureux à la fin du match, le Bâlois est désormais bien lancé dans ce tournoi. «J’avais besoin d’un match comme ça», avouait-il en conférence de presse. Après mes deux premiers tours en cinq sets, je craignais de manquer d’énergie, mais pas du tout. J’ai joué sans appréhension, sans retenue.» Au prochain tour, il affrontera lundi l’Allemand Philipp Kohlschreiber, un joueur de sa génération (33 ans) avec qui il entretient d’excellentes relations malgré un historique à sens unique (11 victoires à zéro).

Nadal monte aussi en régime

Un peu plus tôt, Rafael Nadal s’était également qualifié pour les huitièmes de finale en dominant l’Argentin Leonardo Mayer en quatre sets et 3h15 de jeu (6-7 6-3 6-1 6-4). D'abord à la peine, le Majorquin a accéléré après la perte de la première manche. Mayer, sorti des qualifications par le repêchage (lucky loser), avait remporté le tie-break (7 points à 3) de manière un peu miraculeuse après avoir sauvé 6 balles de break durant toute la première manche. Il en sauva encore 13 – ou Nadal les manqua – à 3-3 dans la deuxième manche.

La quatorzième fut la bonne et le signal de la mise sur orbite de l’Espagnol. «A partir de là, j’ai mieux joué», confia-t-il après le match au micro de Pam Shriver. Les commentateurs, qui jusqu’ici l’avaient trouvé aussi peu convaincant que les autres prétendants à la victoire (il en faudra pourtant bien un…) en furent bons pour réviser leur jugement. Et les fans de Federer de commencer à trembler: c’est souvent avec ce genre de match un peu poussif que Nadal entre définitivement dans un tournoi.

Interrogé sur la perspective de retrouver Roger Federer en demi-finale, Rafael Nadal, l’œil encore noir du match qui venait de s’achever, répondit sèchement quoique transpirant: «Pour le moment, je ne suis qu’au quatrième tour. C’est encore loin.» Etonnante statistique: Nadal et Federer ne se sont jamais affrontés à l’US Open.

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