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Roger Federer au moment de sa défaite contre Kevin Anderson, mercredi 11 juillet 2018 en quart de finale du tournoi de Wimbledon
© Andrew Boyers/REUTERS

Tennis

Roger Federer fauché sur le gazon

Après avoir mené deux manches à rien et obtenu une balle de match, le Bâlois est éliminé de Wimbledon dès les quarts de finale par le Sud-Africain Kevin Anderson, au terme d'un match marathon (2-6 6-7 7-5 6-4 13-11)

D’une certaine manière, les défaites de Roger Federer sont plus marquantes que ses victoires. Parce qu’elles sont nettement plus rares et souvent plus inattendues. Lorsqu’elles surviennent au bout d’un long combat sous un soleil finissant, il est difficile de ne pas leur ajouter une dimension crépusculaire symbolique. Un jour, ce sera la dernière défaite de Federer.

Pas grand monde ne s’attendait à celle de Wimbledon 2018, concédée en quart de finale face au Sud-Africain Kevin Anderson après quatre heures d’une folle bataille (2-6 6-7 7-5 6-4 13-11). A lui seul, le cinquième set s’étira durant 90 minutes, soit la durée moyenne des quatre premiers tours de Federer. Depuis son retour en janvier 2017, c’est seulement la deuxième fois que le Bâlois ne remporte pas le tournoi du Grand Chelem auquel il participe. La première fois, en septembre dernier à l’US Open, il s’était présenté diminué physiquement (douleurs au dos) face à Juan Martin del Potro.

Cette fois-ci, Federer semblait être en pleine possession de ses moyens. Il n’a pas d’excuse et d’ailleurs n’en chercha pas. «Anderson a très bien joué mais je ne l’ai pas assez poussé à devoir faire des points extraordinaires pour me battre. Et moi, je n’ai pas réussi non plus à en faire suffisamment sur mes jeux de retour. Au final, je ne trouve pas immérité qu’il gagne.»

Un premier nuage avant l'orage

Si personne ne l’imaginait vraiment perdre, beaucoup soulignaient tout de même que Kevin Anderson pouvait être un contradicteur redoutable. Finaliste du dernier US Open, le géant sud-africain (2 m 03) est un peu plus qu’un gros serveur: il est capable de frapper fort des deux côtés et n’hésite pas à prendre sa chance en retour.

Elle fut longue à se dessiner. «Délocalisé» sur le court N° 1 (il n’y avait plus mis les pieds depuis 2015), Roger Federer prit le meilleur départ possible: break d’entrée et première manche 6-2 en 26 minutes. Face à cet adversaire aux allures de basketteur qui frappe parfois ses revers à deux mains à la manière d’un joueur de baseball, le Bâlois agissait en judoka, renvoyant la force adverse en la transformant en vitesse. Ou pas: il conclut la première manche sur une merveille de demi-volée amortie prise dans les pieds.

Comment soupçonner alors que le temps allait progressivement tourner à l’orage. Un premier petit nuage survint dès le début de la deuxième manche: Federer, qui n’avait perdu qu’un point sur ses quatre premiers jeux de service, concédait subitement une balle de break, concrétisée par Anderson qui, à cet instant, avait déjà fait mieux que tous les précédents adversaires du Suisse dans ce tournoi. Anderson mena 3-0 mais Federer, patient et sûr de sa force, revint au score et boucla l’affaire dans le money time (7-5).

«A 2-1, je ne me voyais pas perdre»

«Quand j’entre sur un court, expliquait Federer vendredi dernier, je ne sais jamais si c’est pour trois sets ou cinq, pour 1h30 ou cinq heures.» Le match aurait pu s’arrêter après deux heures de jeu: à 5-4 en sa faveur, il eut une balle de match sur le service d’Anderson. Il n’en eut plus jamais d’autre, ni dans ce set, qu’il lâcha (7-5, premier set perdu à Wimbledon depuis deux ans), ni dans les suivants. «Après la balle de match manquée, je menais toujours deux sets à un, donc je ne me voyais pas perdre.» Un peu plus tard, il ajoutera: «Mais contre les grands serveurs, on n’est jamais totalement à l’abri.»

C’est ainsi qu’il perdit aussi le quatrième (break Anderson à 3-3 avec l’aide du filet). Novak Djokovic, premier qualifié pour les demi-finales, plaisantait au micro de la BBC lorsque Roger Federer se voyait embarqué dans un inattendu et incertain cinquième set.

Il ressembla plus à deux monologues qu’à un dialogue. Les échanges étaient rares, les services intraitables, les premières balles déterminantes. Faisant toujours la course en tête, Roger Federer avait l’avantage de constamment mettre la pression sur son adversaire, toujours contraint sur ses mises en jeu. Anderson résista avec un sang-froid remarquable et une qualité de jeu dont on ne le pensait pas capable. Sous la tribune de presse, sa rangée de potes aux allures de rednecks afrikaners beuglait des «Come on, Kev» sans égard pour Pippa Middleton, assise juste devant et tremblant pour Roger Federer.

«J'étais juste moyen»

Une seule fois, le Suisse eut une balle de break (à 4-3). Une seule fois, Anderson eut une balle de break. Une deuxième balle un peu courte, un retour qui l’obligea à reculer et le Bâlois envoyait la balle dans le filet. Sur le jeu de service suivant, Kevin Anderson ne rata pas l’occasion d’entrer dans l’histoire du tournoi.

Roger Federer se présenta très vite en salle de presse, ce qui est signe chez les joueurs d’une immense déception. En finir tout de suite, alors que l’on fonctionne encore un peu en mode automatique permet de parler avant que la déception ne s’installe vraiment. «Ce n’était pas l’un de mes meilleurs jours, reconnut Federer, c’était l’un de ces jours moyens où il faut quand même essayer de gagner le match, et je ne suis pas parvenu à le faire.» Pendant ce temps sur le Centre Court, un Rafael Nadal moyen tentait lui aussi de se sortir des pattes de Juan Martin del Potro.

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