Tennis

Roger Federer, si grand dans la défaite

Héroïque durant près de cinq heures mais malheureux dans les trois tie-breaks, le Bâlois cède en finale de Wimbledon face à Novak Djokovic (7-6 1-6 7-6 4-6 13-12). A défaut d’enrichir son palmarès, sa prestation à bientôt 38 ans marquera les esprits pour longtemps

Tout le monde disait que c’était impossible, et il ne l’a pas fait. Roger Federer n’a pas battu Novak Djokovic en finale de Wimbledon, deux jours après avoir dominé Rafael Nadal. Mais battu à l’extrême limite des cinq sets (7-6 1-6 7-6 4-6 13-12), puisque la finale s’est pour la première fois jouée au tie-break à 12-12, le Bâlois a démontré durant les 4h58 du match des capacités physiques, mentales et tennistiques inouïes pour quelqu’un qui fêtera le 8 août ses 38 ans. Comme il y a onze ans face à Rafael Nadal, Federer est peut-être plus grand encore dans la défaite. Il lui a manqué globalement un peu de la réussite qui l’accompagnait vendredi en demi-finale. Il lui a manqué ponctuellement de conclure sur l’une de ses deux balles de match à 8-7 dans le cinquième set.

Avant ce fabuleux final, la partie avait été longue à démarrer. Durant deux heures, c’est-à-dire les trois premiers sets, Roger Federer a eu de quoi nourrir quelque frustration et concevoir des regrets. Alors qu’il avait déjà pris deux fois le service de Djokovic, tenu parfaitement le sien (aucun break ni même aucune balle de break à ce moment-là), entrevu une balle de break à 1-1 dans la première manche (manquée d’un coup droit exécuté à mi-court mais expédié largement trop loin) et obtenu une balle de set à 5-4 dans la troisième manche (Djokovic l’a sauvée d’un service gagnant, rien à dire), il était mené deux sets à un et se retrouvait dos au mur. Novak Djokovic avait simplement mieux négocié les deux tie-breaks.