Lorsque vous avez 39 ans et dix mois et que l’on vous convoque pour un match au crépuscule, le rendez-vous a tout du symbole, et un peu du traquenard puisqu’il est établi qu’il n’y aura aucun témoin. Et puis le match dure, devient tendu, le piège se referme et tout se complique. Il dure encore, paraît soudainement incertain, puis à nouveau joué, mais dans l’autre sens. Et c’est alors qu’il échappe à sa propre trajectoire et, à mesure qu’il s’enfonce dans la nuit, se transforme en épopée.

Il était 0h45 du matin, ce dimanche 6 juin, lorsque Roger Federer a fini par avoir raison du très coriace Dominik Köpfer, dans le dernier match du troisième tour des Internationaux de France. Une issue heureuse à laquelle peu croyaient lorsque Federer laissa filer la deuxième manche, après avoir pris deux fois le service de son adversaire. «A 1-1, je ne pensais pas que j’allais gagner ce match», avoua-t-il au micro d’Eurosport. Et encore moins lorsqu’il céda sa mise en jeu d’entrée de troisième set, où il s’accrocha longtemps avant de revenir, un peu miraculeusement, à la première baisse de régime de Köpfer.