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Roger Federer a battu sans problème l’Américain Steve Johnson en trois sets (6-2 6-3 7-5) en huitième de finale du tournoi de Wimbledon.
© Shaun Botterill

Tennis

Roger Federer, jusqu’ici tout va bien

Le Bâlois s’est facilement qualifié pour les quarts de finale de Wimbledon. Arrivé à Londres en petite forme, ses quatre premiers tours lui ont permis de se refaire une santé, alors que les choses sérieuses vont débuter

Roger Federer dispute-t-il le même tournoi de Wimbledon que les autres? La question se pose tant le Suisse semble installé dans l’oeil du cyclone. Autour de lui, les têtes de série roulent dans l’herbe, les outsiders s’entretuent, la pluie hache les rencontres, perturbe la programmation et use les nerfs. Même ses compagnons de cordage helvétiques, d’ordinaire si fiables, tombent comme des mouches: Wawrinka écarté, Bacsinszky balayée, Bencic blessée.

Pendant ce temps, Sa Majesté Federer continue son petit bonhomme de chemin, ne joue que sur le Center Court (prestige et adversaires britanniques obligent), ce qui est bien pratique lorsqu’il s’agit de déployer le seul toit disponible, tient sa moyenne d’un match tous les deux jours et de trois manches maximum par match. S’il n’avait pas allumé sa télévision dimanche, il n’aurait même pas su que l’on a joué «Middle Sunday» pour rattraper le retard et pour la quatrième fois seulement de l’histoire du tournoi.

Lire aussi: Roger Federer se qualifie pour les quarts de finale de Wimbledon

Lundi, Roger Federer s’est tout de même mêlé à la populace en prenant part au «Manic Monday», une journée folle qui voit se disputer tous les huitièmes de finale des simples dames et messieurs. Appelé à ouvrir les feux, il n’a pas traîné à régler le compte de son adversaire du jour, l’Américain Steve Johnson (6-2 6-3 7-5). Federer, déjà co-recordman du nombre de titres à Wimbledon (7, comme Pete Sampras), a égalé Martina Navratilova (306e match gagné en Grand Chelem) et Jimmy Connors (14e participation aux quarts de finale de Wimbledon). Le Bâlois ne prête qu’une oreille distraite à ce genre de statistiques. Les suiveurs un peu plus, parce qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à dire de son match contre Steve Johnson. Récent vainqueur du tournoi de Nottingham, le Californien restait sur une série de huit victoires consécutives sur gazon qui l’a propulsé dans le top 30 mondial (29e). Mais de l’épouvantail annoncé, Johnson n’a que la rigidité du torse et le poil en broussaille. Exploitant à merveille la faiblesse de son adversaire en revers, Federer a transformé le match-piège en une promenade de santé. A son terme, il arborait un sourire plus large qu’à l’accoutumée en pareilles circonstances. «C’est mon match le plus abouti, expliqua-t-il en conférence de presse. J’ai enfin pu réaliser sur le court ce que je voulais faire depuis le début du tournoi.»

Un début de compétition idyllique pour le Suisse

Le Suisse le dit lui-même: il ne s’attendait pas à se retrouver déjà en quart de finale sans avoir eu à s’employer. Ses quatre premiers tours n’ont été que le prolongement de sa préparation. Arrivé en manque de repères, apparemment pas tout à fait remis de sa blessure au dos, il s’est refait une santé face à Guido Pella, Marcus Willis, Daniel Evans et Steve Johnson. «Ce sont des conditions parfaites, c’est vrai. Je n’ai pas perdu un set en quatre rencontres et j’ai disputé toutes mes parties à l’abri sur le Central alors qu’à l’extérieur il pleuvait. Dans un Grand Chelem, avoir un jour de repos sur deux est un gros avantage. Si vous ajoutez à cela que Novak Djokovic a été éliminé dans ma moitié de tableau, c’est vraiment idéal jusqu’ici.»

Lire aussi: Repos forcé pour Roger Federer

Evidemment, les choses sérieuses commencent désormais avec, mercredi, un quart de finale à haut risque contre Marin Cilic. Le Croate, tête de série N°9, a profité de l’abandon du Japonais Kei Nishikori (blessé aux côtes, Cilic menait 6-1 5-1) pour retrouver Federer, qu’il n’a battu qu’une seule fois en sept confrontations. C’était en septembre 2014 en demi-finale de l’US Open, une édition que l’on disait promise à Roger Federer après l’élimination prématurée de Novak Djokovic. Toute ressemblance avec des faits etc, etc. «Il m’avait balayé ce jour-là, se souvient le Bâlois, je n’avais rien pu faire.

Que ça va être dur. Je me suis entraîné avec lui la semaine passée et je peux vous dire qu’il est en forme. Et je me souviens très bien qu’il m’avait balayé du court en demi-finale de l’US Open en 2014. Ce jour-là, il m’avait fait voir à quel point il pouvait être bon. Je n’avais rien pu faire. A chaque fois que je préparais quelque chose pour le contrer, il m’avait sorti un ace ou un service gagnant. Je regrette toujours de n'avoir pas pu trouver la solution pour faire durer un peu plus la partie et peut-être trouver le moyen de commencer à le faire douter.»

Au matin du «Manic Monday», ils étaient encore seize en lice. «Dont dix qui peuvent se dire que c’est leur année», relevait Mats Wilander. Ils ne sont désormais plus que huit, avec quelques beaux outsiders comme le Canadien Milos Raonic, tombeur du Belge David Goffin en cinq sets et possible adversaire de Federer en demi-finale. Ou le Français Jo-Wilfried Tsonga, qui après son marathon contre l’Américain John Isner, a eu la partie facile face à son compatriote Richard Gasquet. A 4-2 dans la première manche, Gasquet se réceptionnait mal après un saut et déclarait forfait. Tout penaud, Tsonga lui portait son sac à la sortie du court. Mais quelque chose nous dit que l’on devrait encore retrouver Roger Federer et Andy Murray dimanche. Pour eux aussi, c’est l’année ou jamais.

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