Comment les adversaires de Roger Federer, inclus certains parmi les meilleurs, évitent-ils de céder au découragement? Vont-ils se coucher, la nuit, en cauchemardant sur l’improbable manière de déstabiliser le maître, ou se disent-ils que bon, c’est comme ça?

Mystère. Lundi soir encore, dans une Rod Laver Arena qui eût aimé s’enflammer pour son champion, Lleyton Hewitt (No 22, mais ex-No 1, avec un US Open et un Wimbledon en sa vitrine), Federer a répété tranquillement la balade des gens heureux en 8e de finale de l’Open d’Australie: 6-2 6-3 6-4, 1h55’ de jeu, quelques échantillons de revers, amorties et coups droits croisés lunaires, juste histoire de briser le rythme régulier qu’affectionne l’Australien, et voilà. Jeu, set et match, avant qu’on ait eu le temps de réaliser que le duel avait vraiment débuté.

L’insolente facilité de «Rodgeur», ici à Melbourne, laisse pourtant planer une interrogation: quelle est l’ampleur véritable de sa forme physique? L’insubmersible Nikolay Davydenko, mercredi en quarts, ne manquera point d’apporter sa portion de réponse.

A l’interview, le héros bâlois a confirmé: «Je suis toujours très concentré et affûté contre Hewitt, car je le connais bien, c’est un guerrier [qu’il a terrassé pour la 15e fois consécutive]. J’ai réussi des trucs étonnants, même pour moi, et remporté les points importants comme je l’ai voulu. Davydenko au prochain tour? Je ne suis jamais intimidé, mais prêt à un affrontement très long s’il le faut.»

La palme du jour – outre Federer pour son brio – sera décernée au Français Jo-Wilfried Tsonga (No 10), tombeur de l’Espagnol Nicolas Almagro (No 26) 9-7 au 5e en 3h33’. Quant aux sœurs Williams, elle ont elles aussi poursuivi leur promenade, qui face à Samantha Stosur (Serena), qui contre Francesca Schiavone (Venus). A noter qu’en sortant Caroline Wozniacki (No 4), Na Li devient la seconde Chinoise qualifiée pour les quarts après Jie Zheng. A quand un Grand Chelem du côté de Shanghai?