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Roger Federer passe l'obstacle
© ISSEI KATO

Open d'Australie

Roger Federer passe l'obstacle Nishikori et redevient favori

Vainqueur en cinq sets (6-7 6-4 6-1 4-6 6-3) de la tête de série N°5 du tournoi, le Bâlois plane à nouveau à très haute altitude

Il faut imaginer Roger Federer en pilote d'avion qui reprend les commandes et qui procède minutieusement aux vérifications d'usage avant le décollage. Résistance du genou et du dos (1er tour): OK. Vitesse du jeu de jambes: OK. Niveau de concentration: OK. Capacité à enchaîner les matchs (2e tour): OK. Elévation du niveau de jeu (contre Berdych): OK.

Avec son quatrième match contre le Japonais Kei Nishikori (tête de série N°5), le commandant Federer a validé deux points supplémentaires de sa check-list: tenir cinq set (OK) et surmonter un mauvais départ (OK). «Je vais de mieux en mieux, se félicite-t-il. Au début, je gaspillais pas mal d'énergie à rester concentré, je le fais désormais sans effort.»

Et pourtant...

Sa démonstration au tour précédent avait été si parfaite qu'elle en était presqu'inquiétante. Il ne pourrait sans doute pas jouer deux fois à ce niveau, se disait-on, et Nishikori est un meilleur joueur que Berdych, plus résistant, plus mobile. La marche semblait un peu haute à ce stade de sa saison. Et pourtant... Une fois encore, Roger Federer a déjoué les pronostics. Il s'est imposé en toute logique dans un match qui avait très mal débuté (4-0 puis 5-1 Nishikori) mais qu'au final, il aurait pu conclure avant la limite des cinq sets. «Roger était meilleur sur chaque manches mais le tennis est parfois comme le football; vous pouvez être meilleur et perdre», soulignait son entraîneur Severin Lüthi. «Au début du match, on aurait dit que Nishikori jouait déjà depuis deux heures. J'ai eu un peu de mal à trouver mes marques mais je n'ai jamais eu le sentiment de perdre le contrôle», assurait de son côté Roger Federer.

Aucun sentiment d'amertume

Cette longue soirée (3h24 de jeu, conclu à 22h38) ne laisse aucun sentiment d'amertume. Juste de la joie, à l'image de celle exprimée par Federer sur la balle de match. L'action s'y prêtait (une balle très haute qui retombe en cloche devant le filet et qu'il a le temps d'ajuster) mais il est rare de le voir aussi débordant de bonheur. «J'ai vu défiler devant mes yeux tous ces mois difficiles pour revenir, expliqua-t-il. Je n'ai joué qu'un tournoi dans des conditions normales l'an dernier, c'était ici. Par la suite, je n'ai eu que des problèmes: blessures, opération, maladie. Je savais que si je réussissais mon smash c'était bon. Alors oui, quand j'ai vu qu'elle ne revenait pas, j'étais heureux. Et puis, une victoire en cinq sets, c'est toujours particulier. Vous en reparlez avec l'adversaire des années après. C'est plus personnel et en même temps, ça devient une victoire d'équipe. Mon physio m'y avait préparé physiquement et mes entraîneurs tactiquement. Nous savions que Nishikori avait un excellent pourcentage de victoires dans les matchs en cinq sets. C'est pour cela que j'ai essayé de faire très vite le break.»

Le prochain défi

Pendant qu'il parlait, Severin Lüthi et Ivan Ljubicic s'efforçaient de lui trouver un partenaire d'entraînement gaucher pour le lendemain. «On a vu contre Melzer que c'est quand même assez spécifique», reconnaissait Severin Lüthi, qui esquissait déjà le défi du prochain tour. «Zverev sera obligé de continuer à jouer service-volée. Il n'a pas beaucoup d'autres options. Mais attention: il est en pleine confiance. Contre lui, Roger devra jouer très juste.»

«Pour la première fois, je vais redevenir grand favori, indiquait Roger Federer, sans même qu'on lui pose la question. J'en suis conscient, je l'accepte et même j'apprécie: j'ai été très souvent dans cette situation. Je sais faire.» On peut désormais lui faire totalement confiance.

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