C’était à Genève, début février, lors d’une présentation de la Laver Cup au Palais Eynard. Il y avait Roger Federer et Björn Borg, et aussi Marc Rosset, venu discrètement en voisin et ami. L’ancien joueur genevois rappelait en plaisantant le solde de ses confrontations directes, plutôt rares mais souvent victorieuses, face aux légendes du tennis. «Je suis en positif [plus de victoires que de défaites] avec Borg, avec Lendl, avec Connors, et je suis neutre avec Roger: 2-2.»

Il l’avait même fait pleurer, son jeune protégé bâlois, en le battant en finale du tournoi de Marseille, en 2000. Roger Federer, qui se rappelle absolument tout, s’en est souvenu samedi à Dubaï au moment de célébrer son centième titre. «Je perds au tie-break du troisième set, et je suis en larmes parce qu’à ce moment de ma carrière j’avais peur de ne jamais remporter de tournoi.» Il n’a pas oublié non plus comment Rosset l’avait consolé: «Il m’a dit de ne pas m’en faire, que j’en gagnerais d’autres.» Marc Rosset avait même dit: «Plein d’autres.»