Open d'Australie

Roger Federer: «Je peux gagner si je réussis à rester offensif et agressif»

Le Bâlois a rencontré la presse suisse à la veille de sa finale contre Rafael Nadal. La pression monte mais il affirme n'avoir «rien à perdre»

Il y a quelques mois encore, Roger Federer ne savait pas s'il pourrait rejouer au tennis au plus haut niveau. Le voici aujourd'hui tout près de remporter l'Open d'Australie pour sa première compétition après une absence de six mois. Plus qu'un match à gagner ce dimanche à Melbourne (début à 9h30 en Suisse) et l'élégant joueur bâlois rentrera encore un peu plus dans la légende du sport.

Plus qu'un match, mais quel match! Une finale contre son meilleur contradicteur, son plus farouche opposant, sa bête noire aussi, bien souvent. Samedi, après un entraînement à huis clos, Roger Federer a consacré quelques minutes à la presse suisse pour évoquer son état de forme, sa stratégie. Et Rafael Nadal.

 
- Qu’avez-vous fait depuis votre victoire sur Stan Wawrinka jeudi soir?

- D’abord je me suis réjouis, parce que il était légitime de prendre le temps de savourer ce moment. Ensuite, je me suis reposé. J’ai beaucoup dormi et je me suis fait masser. Je dois admettre que je suis globalement assez fatigué, depuis quelques semaines déjà. Le fait d’avoir trois jours de récupération avant la finale est une vraie aide. J’ai pensé un moment laisser tomber l’entraînement de vendredi mais Severin [Lüthi, son entraîneur] et Ivan [Ljubicic, son coach] ont estimé qu’il était préférable de m’habituer encore un peu plus à taper des balles contre un gaucher. Vendredi soir, j’ai regardé la demi-finale entre Rafa [Rafael Nadal] et [Grigor] Dimitrov. Dans ma tête, je suis passé à ce moment-là en mode «préparation» même si le travail spécifique n’a débuté que le samedi matin.

- Combien de temps avez-vous joué avec un gaucher?

- Pas très longtemps. Il est difficile de demander à un joueur de vous consacrer tout son temps. Vendredi, je ne me suis entraîné que trois-quart d’heure. Le travail physique a déjà été fait en amont, la priorité c’est le repos. Je ne veux pas être fatigué si le match va en cinq sets.

- Comment vous sentez-vous physiquement?

- Vendredi matin, j’étais encore fatigué. Samedi, après deux nuits de sommeil, cela va beaucoup mieux. Dans le tennis, on est habitué à jouer un jour sur deux; avoir un jour de repos supplémentaire est un gros avantage.

 - Qu’avez-vous pensé du match Nadal-Dimitrov?

- Je l’ai d’abord regardé comme un fan de tennis et j’ai apprécié parce que c’était un super match, le meilleur du tournoi jusqu’ici. Après, vu la situation, j’ai quand même été un peu plus «analytique». Dimitrov a été très bon en revers. Je n’avais pas conscience qu’il avait un si grand revers. Il a souvent fait mal à Nadal. Mais contre Nadal, il faut tout très bien faire: service, coup droit, revers, tactique.

- Pensez-vous pouvoir faire mieux que Dimitrov?

- Je pense que je peux gagner si je parviens à rester offensif et agressif. Avec lui, si vous ratez un coup offensif, vous devez en sortir deux défensifs très bons pour rétablir la situation. C’est pour cela qu’il faudra vraiment conserver un esprit offensif.

- Ressentez-vous plus de tensions que pour vos précédentes finales?

- Plus non, mais je sens que la pression monte. Ça a commencé lorsque j’ai su le nom de mon adversaire, pas parce que c’est Rafa mais parce que ça devenait concret. J’ai des papillons dans l’estomac; c’est bon signe, ça veut dire: j’ai envie, je veux gagner. Dimanche jusqu’à la finale ça va encore monter. Je me réjouis beaucoup. 

- Lequel êtes-vous le plus surpris de retrouver en finale: lui ou vous?

- C’est une bonne question. Je pense que nos situations sont un peu différentes. Moi j’arrivais un peu dans l’inconnu. Je m’attendais aussi à ce que l’un au moins du duo Djokovic-Murray se retrouve en finale. Nadal, lui, je sais de quoi il est capable et, à chaque tournoi, je l’attends très haut. Ce n’est pas sans raison qu’il m’a battu plusieurs fois et qu’il a gagné tant de Grand Chelem. Il a accepté que les conditions de jeu soient plus rapides et il s’y est adapté. Il joue plus offensif, il tient mieux sa ligne de fond de court. Il avait déjà joué comme ça contre moi à Wimbledon et en finale des Masters à Shanghaï. J’ai beaucoup de respect pour lui mais pas de complexe, j’ai gagné trop souvent de grands matchs pour cela.

- Considérez-vous toujours n’avoir «rien à perdre»?

- Quand vous arrivez en finale, vous voulez évidemment gagner. Mais je veux garder cet état d’esprit, continuer de me dire que je n’ai rien à perdre. Cela m’a permis de très bien jouer six matchs. Il en manque encore un.

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