Tennis

Roger Federer, prêt pour le gazon

Devenu «champion du monde de l’entraînement» en 74 jours de pause, le Bâlois fera son retour en compétition ce mercredi lors du tournoi de Stuttgart, Wimbledon dans sa ligne de mire

Le break que s’est offert Roger Federer semble lui avoir fait le plus grand bien. Absent des courts depuis le 2 avril et sa victoire lors du Masters 1000 de Miami, le numéro 5 mondial fait déjà forte impression à Stuttgart à quelques heures de son grand retour officiel à la compétition.

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Je suis venu à Stuttgart pour retrouver progressivement le rythme afin de monter en puissance en vue de Wimbledon.

Roger Federer

Après avoir posé ses valises à l’hôtel Maritim, il a pris ses repères au Weissenhof, se montrant très patient envers les enfants qui lui réclamaient un selfie ou un autographe. Il a aussi croisé la route de l’international allemand du Bayern Munich Joshua Kimmich, qui avait demandé à le rencontrer. Puis, pendant une heure et quinze minutes, il a effectué une séance d’entraînement avec Tommy Haas, qu’il pourrait retrouver sur sa route lors de son entrée en lice, prévue mercredi, si l’Allemand parvient à éliminer Pierre-Hugues Herbert.

Visiblement ravi de retrouver le gazon, Federer a été particulièrement vif, tonique et bien en jambes. Malgré la chaleur (un peu plus de trente degrés), il a immédiatement pu montrer son aisance sur sa surface de prédilection, au bonheur des quelque 150 privilégiés qui avaient pris place sur le court central. Les deux hommes ont disputé un set conclu par le Suisse d’une magnifique amortie. Satisfait de son jeu, Federer serrait le poing. Après avoir suivi une large partie de la finale de Roland-Garros entre Rafael Nadal et Stan Wawrinka (6-2 6-3 6-1), il a repris sa raquette pour en découdre avec le Hongrois Marton Fucsovics.

Nadal? «Vertigineux»

Lundi peu avant midi, il s’est présenté devant une cinquantaine de journalistes. Après avoir décidé de faire une croix sur la saison de terre battue avec l’objectif de se préparer le mieux possible pour Wimbledon, du 3 au 16 juillet – où il visera un huitième triomphe (ce qui constituerait un record historique) –, il a tenu à féliciter l’Espagnol, qui a fêté son dixième succès à Paris.

«Je n’ai pas été véritablement surpris qu’il montre un tel niveau de jeu, expliquait le Bâlois. Au cours de l’Open d’Australie, il avait déjà prouvé qu’il revenait à son meilleur niveau et que la saison sur terre battue se présentait bien pour lui. Mais qu’il domine à ce point ses adversaires est tout simplement vertigineux!» Aurait-il pu résister au rythme infernal du Majorquin s’il l’avait affronté à la porte d’Auteuil? «Sûrement pas dans la forme que j’avais au début du printemps. J’avais prédit que Rafa dominerait de la tête et des épaules les tournois sur terre battue.»

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Il est en tout cas heureux que la saison sur herbe démarre. «Ces dernières semaines, je suis devenu une sorte de champion du monde de l’entraînement, souriait-il. Je vais enfin pouvoir renouer avec la compétition. Je suis prêt. La saison sur gazon est courte et intense. Je suis optimiste quant à mes chances de pouvoir réaliser de belles choses en vue de Wimbledon, qui sera mon grand défi.»

Le ski et le foot, c’est fini

En 74 jours de pause, Federer a profité pour couper… cinq jours. «J’aurais bien aimé me reposer plus longtemps, mais j’ai eu quelques activités avec des œuvres de bienfaisance comme le match pour l’Afrique, d’abord face à Andy Murray, puis contre John Isner. A cette occasion, j’ai même rencontré Bill Gates, ce qui a été une très belle expérience. J’ai pu aussi peaufiner ma condition physique. Multiplier les entraînements constitue toujours un risque pour le physique, mais aujourd’hui, je me sens en pleine forme.»

Plus frais et inspiré que jamais

Arborant une nouvelle coupe de cheveux, bien plus courte qu’au début de l’année, il donne l’impression d’être revigoré après une entame de saison chargée, mais quasiment parfaite (trois titres à l’Open d’Australie, Indian Wells et Miami en quatre tournois). «Durant toutes ces semaines, je n’ai pas rencontré le moindre souci, que ce soit avec mon dos ou mon genou, précisait-il. Le plus important, c’est de bien dormir et de bien récupérer de mes efforts. Pratiquer d’autres disciplines sportives comme le ski ou le football, c’est fini pour un certain temps. Je ne peux plus me le permettre.»

La chronique de Marc Rosset: Roger Federer, pour l’amour du jeu

Il y a un an, il avait été éliminé en demi-finale à Stuttgart par l’Autrichien Dominic Thiem, futur vainqueur. Cette fois-ci, il semble plus frais et inspiré que jamais. Ses concurrents les plus sérieux se nomment Tomas Berdych, Grigor Dimitrov et Lucas Pouille. «Je suis venu à Stuttgart pour retrouver progressivement le rythme afin de monter en puissance en vue de Wimbledon. L’idéal, ce serait de gagner ici. Mes chances sont bonnes.»

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