Avec son maintien «old school» et son jeu d’une propreté impeccable, Tommy Robredo semble tellement inoffensif. Parfois, il l’est. Tête de série no 14, l’Espagnol a tenté d’embrigader Roger Federer dans une noria lénifiante en fond de court, à renfort de revers croisés, sans y parvenir vraiment, ou pas très longtemps. Que pouvait la régularité face à l’inventivité? S’incliner dignement: 7-5 6-2 6-2.

Sous les yeux attendris de Nicole Kidman, l’un de ses plus fidèles admiratrices, Roger Federer a triomphé dans la joie et la mauvaise humeur, la sienne, avec un agacement inaccoutumé. Il a grondé l’arbitre, puis sa raquette, puis le sol et, pour finir, presque ce bon Tommy Robredo, avec sa binette de gendre idéal. «Il a pilonné mon revers, mais j’ai réussi à prendre l’ascendant, commente le numéro un mondial. Dès l’instant où je lui ai ravi son service, tout est devenu beaucoup plus simple.»

Mercredi, Roger Federer croisera à nouveau le chemin de Robin Söderling, son adversaire en finale de Roland-Garros et en huitième de finale à Wimbeldon. Pauvre Söderling qui, probablement dans la forme de sa vie, est écrasé comme vulgaire piétaille par la marche historique du «maître», sans même susciter de miséricorde. «D’accord, j’ai déjà perdu à douze reprises contre Roger, calcule «l’amer du Nord». Mais si je joue parfaitement bien, peut-être que j’aurai une petite chance...» Que pourra cette folle hardiesse face à l’inventivité?