Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

Tennis

Roger Federer raconte son «passionnant processus de guérison»

En marge de sa victoire rassurante (6-3 6-4) sur l'Espagnol Garcia-Lopez pour son entrée en lice au Masters 1000 de Monte-Carlo, le Bâlois s'est confié comme rarement sur sa blessure

Les conférences de presse de Roger Federer ne sont jamais banales. Il peut y être fermé ou disert, plaisanter ou analyser, mais quelle que soit son humeur ou son état d'esprit, il y a toujours quelque chose d'instructif à en retirer. Il est rare que le Bâlois, qui n'aime guère parler de ses faiblesses, se laisse aller comme il l'a fait mardi après sa victoire sur Guillermo Garcia-Lopez (6-3 6-4). Avec beaucoup de sincérité, Federer est revenu sur ses angoisses liée à ce qui fut sa première anesthésie générale et sur le processus de guérison.

Lire aussi: Repos forcé pour Roger Federer

Le Temps: Etes-vous soulagé de votre retour à la compétition aujourd’hui?

Roger Federer: Je suis assez rassuré ou plutôt satisfait devrais-je dire. J’étais heureux d’être de nouveau sur un terrain de match, de jouer contre les meilleurs. Quand je me suis échauffé, j’ai vu que l’ambiance était différente de celle des dix derniers jours, lorsque je m’entraînais. Quand j’entrais sur le central, c’était vide, c’était calme. Là, tout à coup ça change l’atmosphère, la tension dans ton bras, dans ton corps. Je suis juste content d’avoir pu vivre ça de nouveau. Très content aussi de ma performance. Le genou a tenu. J’ai bien servi. Tout était très positif pour moi aujourd’hui.

– Concernant votre blessure, avez-vous eu peur, à un moment donné du processus, de ne plus pouvoir faire quelque chose?

– Le plus difficile ont été les deux heures qui ont suivi l’opération. Je me suis senti très triste. Quand je me suis réveillé, j’ai regardé mon genou et j’avais l’impression que ce n’était pas le mien. Je regardais ma jambe, j’arrivais à bouger mes orteils. J’avais mal et c’est là que j’ai eu peur pour la suite. C’est là que tout à coup tu te rends compte que tu as besoin de pouvoir être à fond si tu veux être un joueur professionnel. Après, mon père est venu me rendre visite à l’hôpital, Seve (Lüthi) aussi. Mirka forcément était là aussi. Et le soir même déjà, ça allait beaucoup mieux. On commençait à faire des gags. Mon médecin était là aussi. Deux jours après, j’ai eu une réunion avec l’équipe pour parler du plan. Comment on allait attaquer la rééducation, la préparation physique, puis le tennis et les tournois. Le médecin était très content, l’opération s’était bien passée. Et là tu commences à redevenir très positif mentalement. Et tu fais un planning. Je savais qu’Indian Wells ne serait pas possible, Miami probablement pas non plus même si je me laissais une petite porte ouverte.

– Vous n’aviez jamais eu d’anesthésie?

– Non à part pour les dents de sagesse mais c’était local (il montre sa joue et rigole). J’appréhendais, honnêtement. Et j’avais peur après aussi, mais différemment. J’étais triste de devoir subir une opération parce que je pensais que je pourrais traverser ma carrière sans opération. Mais au final, je suis content que ce soit arrivé comme ça en préparant le bain des filles. Parce que ça peut arriver à tout le monde et tu te dis que c’est juste pas de chance. Si je m’étais déchiré le ménisque en jouant, peut-être que ça aurait laissé plus de traces. Il faut croire qu’il était proche de lâcher.

– Les joueurs de foot qui subissent une opération disent que le premier test est lors d’un tacle. Et pour vous?

– Il faudra que je voie comment le genou tient après plusieurs matches d’affilée. Comment il sera après 3 heures, après 5 heures. Mais je n’ai pas peur car j’ai déjà beaucoup forcé à l’entraînement physique avec Pierre Paganini, puis sur le court avec Seve (Lüthi) et Ivan (Ljubicic). Le docteur et mon physio m’ont dit que je réagissais bien et que je pouvais me lâcher sans avoir peur. Après s’il reste une crainte dans la tête, c’est moi qui la crée. Mais là je n’ai plus de douleur et peux vraiment jouer sans retenue.

– Vous êtes connu pour tirer quelque chose de chaque expérience. Ici aussi?

– Au début, tu marches avec des béquilles, puis tu prends les escaliers avec tes béquilles, puis tu commences à marcher sans les béquilles. C’est chaque fois un pas en avant, comme pour les enfants. C’est progressif. Tu fais des pas chassés, ensuite tu peux sauter, bouger plus rapidement puis faire des sprints. Chaque étape est bonne pour la confiance. J’ai beaucoup aimé ce processus de la rééducation.

– Avez-vous l’impression d’être allé au bout de vos limites?

– On a toujours fait ce que mon physio ou le docteur me conseillait. Forcément, on était toujours à la limite. Tu regardes la réaction du genou, une heure après, le soir et le lendemain. Et si ça se passe bien, tu continues. Une fois, après avoir fait 20 services, j’ai un épanchement de synovye mais 24 heures plus tard, ça allait de nouveau. C’est le seul mauvais moment que j’ai eu dans ce processus passionnant de guérison.

Lire également: Roger Federer, touché mais pas coulé

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sport

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Les athlètes suisses reviennent des European Championships de Glasgow/Berlin, qui réunissaient les épreuves de sept fédérations, avec dix-neuf médailles. Retour en images sur les cinq performances les plus marquantes

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Switzerland's Lea Sprunger reacts after winning the women's 400m Hurdles final race during the European Athletics Championships at the Olympic stadium in Berlin on August 10, 2018. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL
© JOHN MACDOUGALL