Tennis

Roger Federer, retour à l'ordinaire

L'élimination du Bâlois par l'Australien John Millman, en huitièmes de finale de l'US Open (3-6 7-5 7-6 7-6), confirme les difficultés observées depuis un an

Roger Federer est un joueur définitivement à part. Lorsqu'il est battu, ce n'est pas son adversaire qui gagne mais bien lui qui perd et même son vainqueur semble en concevoir une gêne. Auteur de l'exploit de sa carrière mardi (il était déjà une heure du matin à New York), l'Australien John Millman a évité d'en rajouter. Comme le Sud-Africain Kevin Anderson il y a deux mois à Wimbledon.

Après son échec à Londres, le Bâlois s'était remis en question et était arrivé très tôt aux Etats-Unis afin d'être compétitif à l'US Open. Après trois premiers tours limpides, il a cette fois multiplié les fautes directes (7 dans le tie-break fatal, 77 au total), les mauvais choix, les petits gestes d'agacement. Le tournoi se poursuit désormais sans lui et se jouera sans doute entre Rafael Nadal et Novak Djokovic (à moins que Juan Martin Del Potro...).

Lire aussi le grand format: Comment Roger est devenu Federer?

Pas de conclusions hâtives, mais un constat

Même durant ses meilleures années, Federer est parfois passé au travers d'un match. C'est aussi le propre du génie que d'avoir l'air absent lorsque la situation prend une tournure inattendue. Les conditions climatiques (chaleur, moiteur) justifient pour partie sa déchéance physique au fil des jeux. Mais ceci rappelé, il reste dans cet échec face au 55e mondial quelque chose de plus profond.

Malgré la conquête d'un vingtième titre du Grand Chelem en début d'année à Melbourne et son retour au sommet de la hiérarchie mondiale en février, le Bâlois peine à retrouver en 2018 la forme affichée au premier semestre 2017 pour son retour après une opération au genou et une très longue pause de six mois. Les méthodes éprouvées la saison passée semble désormais inopérantes. Et cela n'est pas du qu'au retour en forme de Djokovic; Federer a subi ses principales défaites face à Del Potro (US Open 2017), Goffin (Masters 2017), Kokkinakis (Miami 2018), Anderson et Millman.

Le déclin de Roger Federer a été annoncé bien trop souvent pour tirer des conclusions hâtives de son élimination mais il faut bien prendre conscience qu'à 37 ans, l'exceptionnel réside dans ses victoires, pas dans ses défaites.


«Ce n'est pas une question d'âge, c'est une question d'humidité»

Roger Federer, éliminé contre toute attente par le 55e joueur mondial, l'Australien John Millman, en huitièmes de finale de l'US Open, a expliqué avoir été étouffé par l'humidité ambiante, lundi à New York. Voici les propos recueillis par l'AFP en conférence de presse. 

Que s'est-il passé à partir de la fin du deuxième set?

Roger Federer: «Il faisait très chaud ce soir (lundi). J'avais l'impression de ne pas trouver d'air. Il n'y avait aucun courant d'air. J'ai eu du mal avec les conditions, l'humidité surtout, c'est toujours un danger ici. C'est une des premières fois que ça m'arrive. C'est désagréable. Vous transpirez de plus en plus au fil du match, et ça vous fait perdre de l'énergie au fur et à mesure. Ça devient difficile de respirer, et quand ça te frappe, c'est très difficile de s'en sortir. Malheureusement, ça m'a affecté aujourd'hui mais j'ai quand même eu mes chances. Quand vous vous sentez comme ça, vous commencez à manquer des occasions, et j'en ai eu. C'est décevant. Mais à un moment donné, j'étais juste content que le match soit terminé...»

Comment expliquez-vous vos difficultés du jour au service?

«Il faisait chaud ! Quand vous vous sentez comme ça, rien ne fonctionne... Je me suis déjà entraîné dans des conditions plus difficiles, j'ai déjà joué en pleine chaleur en journée, mais parfois, ce n'est juste pas le jour où votre corps peut le gérer. Depuis que le toit est installé (sur le court Arthur-Ashe, ndlr), l'air ne circule plus dans le stade. Je l'avais déjà remarqué lors de ma finale en 2015 (perdue contre Djokovic, ndlr). Ça en fait un US Open complètement différent. Vous êtes trempé, les balles aussi, et tout se ralentit alors que vous essayez de frapper des points gagnants. C'est dommage de ne pas avoir pu mener deux sets à zéro, ou gagner le troisième set, au moins prendre la main à un moment donné. Peut-être que le match aurait été différent, que j'aurais trouvé le moyen de m'en sortir, parce que j'ai eu des occasions jusqu'à la fin. Mais c'était difficile.»

Pensez-vous que l'âge rend les choses plus difficiles à gérer?

«Je ne pense pas. Ce n'est pas une question d'âge, c'est une question d'humidité. Quand tu joues dans des conditions comme ça pendant 4h (3h30, ndlr), c'est difficile à gérer. Ça peut arriver. C'est une des premières fois que ça m'arrive.»

Quel regard portez-vous sur ces derniers mois?

«A Cincinnati, j'ai joué un bon tournoi dans des conditions très rapides, dans lesquelles ce n'était pas facile de trouver du rythme. Mais j'ai quand même atteint la finale pour mon tournoi de retour. Je n'ai pas joué une bonne finale, ça peut arriver. Il y avait Novak (Djokovic) en face après tout. Aujourd'hui, c'est juste qu'il faisait chaud. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement. Je vais prendre du repos maintenant et j'espère finir fort la saison.»

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