Pendant une heure, Mario Ancic a démontré par l'absurde qu'en sport aucune analyse conçue a priori, aussi étayée et cartésienne soit-elle, ne résiste à l'action d'éclat. A force de circonscrire le danger à la fatigue, aux aspérités de la terre battue, au lift de Nadal, ou au métier de la cohorte hispanique, peu avaient imaginé que Roger Federer puisse succomber à un service-volée traditionnel, fût-il déployé dans une version évolutive de ses prérogatives.

Mario Ancic, adroit jusque dans les longs échanges, a convoité le premier set, avant de mener 2-0 0-40 au début du deuxième. A cet instant précis, ses dernières forces l'ont abandonné. «Il a beaucoup souffert dimanche, je l'ai vu vomir, l'excuse Roger Federer. De mon côté, j'ai passé moins de temps sur le court et, sans aucun doute, j'en tire un gros avantage. Quand un joueur est fatigué, il tente d'abréger les échanges. Fatalement, il quitte sa zone de confort.»

Le Bâlois avoue un profond soulagement: «Je suis beaucoup plus calme qu'au début du tournoi. Comment voulez-vous aborder sereinement un premier tour quand tout le monde parle déjà de la finale Federer - Nadal? Cette revanche, je la veux. Je l'ai espérée dès mon arrivée. Mais d'abord, je retrouve David Nalbandian.»

L'Argentin est un vieil ami. Avec Rafael Nadal et Tim Henman, il est le dernier à présenter un bilan positif contre Federer (six victoires à cinq). «Roger et moi nous connaissons bien, sourit-il. Nous avons eu de beaux duels; déjà chez les juniors. Celui de vendredi ne sera pas différent.»