Il était en forme. Il jouait bien. Il venait de remporter le tournoi Masters 1000 de Cincinnati après avoir assommé Novak Djokovic en finale. Tout laissait augurer un joli parcours à cet US Open. Le milieu spéculait sur une demi-finale face à Andy Murray où les deux auraient disputé «la belle» après leurs empoignades mémorables sur le gazon londonien. Il n’en sera rien. Roger Federer a perdu mercredi soir, en quart de finales, face à Tomas Berdych. Le numéro un mondial s’est incliné en quatre sets 7-6, 6-4, 3-6, 6-3.

La défaite du Bâlois a fait l’effet d’un choc dans les travées de Flushing Meadows. Pourtant, le Tchèque est un adversaire dangereux pour Federer. Il l’avait battu, il y a deux ans en quarts de finale de Wimbledon, l’année dernière à Cincinnati et lui avait rendu la tâche difficile en finale au dernier tournoi de Madrid. On savait que l’homme aux 17 titres du Grand Chelem n’est jamais à l’abri d’une déconvenue face à Berdych. Mais l’état de grâce retrouvé de Federer depuis cet été lui donnait à nouveau un caractère presque invincible.

De toute évidence, la surprise fut tout aussi grande pour lui. En conférence de presse, son visage fermé disait son immense déception. Un sentiment que ses mots ont confirmé: «Je savais que Berdych allait être difficile à jouer. Il m’a déjà donné du mal par le passé, dans des conditions similaires. Je savais que s’il jouait bien, il pourrait être très dangereux. Mais je pensais quand même avoir une bonne tactique en place et avoir suffisamment confiance en moi pour pouvoir sortir un match assez physique et mental dans des conditions de jeu pas très rapides. Mais je n’ai pas du tout réussi à faire ça. C’est donc une grosse déception pour moi. Il a très bien joué aussi. Mais je trouve que je l’ai trop aidé en le mettant trop à l’aise. Je ratais beaucoup de coups droits. Pendant un set et demi, je n’arrivais pas à mettre une balle. Ce n’était juste pas possible.»

Après avoir été mené deux sets à rien, Federer a eu un sursaut dans le troisième. Il est parvenu à faire le break et à remporter la manche 6-3. Mais ça n’a pas suffi. Avec un tel score, il n’avait plus droit à l’erreur. Et face à un joueur comme Berdych, ça s’annonçait compliqué d’en revenir. Le Bâlois a du mal à expliquer cette absence de qualité dans son jeu en début de match. Interrogé sur un éventuel problème physique, il a répondu: «Malheureusement pas.» Il n’a pas non plus cherché à utiliser le forfait de Mardy Fish en 8e de finales comme une excuse à sa contre performance du jour.

Le Bâlois doit établir ces prochains jours la suite de son programme jusqu’à la fin de l’année et décider notamment s’il disputera ou non la rencontre de Coupe Davis aux Pays-Bas.