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Roger Federer a remporté pour la huitième fois le tournoi de Bâle, au terme d'un combat de 2h30 contre Juan Martin Del Potro.
© ARND WIEGMANN/REUTERS

Tennis

Roger Federer souffre mais reste le numéro 1 à Bâle

Aérien la veille en demi-finale contre David Goffin, le Bâlois a souffert pour battre Juan Martin Del Potro en finale du tournoi de Bâle (6-7 6-4 6-3)

A la gare centrale de Bâle, aucun panneau n’indique la direction des Swiss Indoors. C’est inutile. Sur le parvis, ou un peu plus loin Aeschenplatz, il suffit de repérer quelques indices, une écharpe rouge et blanche, une casquette RF, une veste de l’équipe de Suisse de Coupe Davis, de se glisser dans le mouvement et dans le tram 14. Le chemin de la halle Saint-Jacques est un pèlerinage. On y vient de la ville et du canton, bien sûr, mais aussi de toute la Suisse. Pas exactement pour voir du tennis. Plus précisément pour voir Roger Federer.

Pareille procession n’est souvent identifiable que pour du football. Mais cette semaine à Bâle, arrêt Sankt-Jakob, c’est côté droit du tram (vers la halle) et non côté gauche (le stade) que les spectateurs se sont pressés. Aux abords, autre scène inhabituelle, des dizaines de spectateurs brandissant des petits panneaux où il est écrit au feutre: «Ich suche ticket». Ce ne sont pas des revendeurs à la sauvette comme on peut en croiser à Roland-Garros; il y a des gens de tous âges, des pères de famille. Des vrais fans et, pour la plupart, des amoureux déçus.

Lire aussi: La place de numéro 1 mondial s'envole

Devoir patriotique

Voir «au moins une fois» Roger Federer à Bâle est devenu ces dernières années une sorte de devoir patriotique. Roger Brennwald, l’organisateur des Swiss Indoors, a beau clamer que son tournoi est plus grand que n’importe quel joueur. Il a beau densifier son plateau (trois vainqueurs de Grands Chelems, Cilic, Del Potro et Federer, parmi les quatre demi-finalistes) et préparer la suite (le jeune Canadien Denis Shapovalov, 18 ans, promu tête d’affiche après le forfait de Rafael Nadal), le fait demeure. Bâle, c’est Federer.

Seul Roger Federer peut expliquer que la salle, 9200 places tout de même, soit pleine dès le premier tour. Sa présence seule électrise les foules dès le premier point, quand tant de tournois ne démarrent qu’en quarts de finale. Il n’y a que lorsque Federer joue que les loges sont occupées du début à la fin du match, que pour lui que les VIP exhibent eux aussi des petits cartons ou des écharpes. Il n’y a que son nom qui peut justifier des tarifs aussi élevés (à partir de 79 francs en semaine, une moyenne de 200 francs pour la finale).

Si les Swiss Indoors sont devenus le plus gros événement sportif de Suisse (20 millions de francs de budget), c’est aussi parce que Roger Federer assure quasiment cinq soirées aux organisateurs. Dimanche, l’enfant du pays disputait sa treizième finale, son record. Mais Roger Federer, 7 finales gagnées pour 5 perdues au moment d’entrer en scène derrière Juan Martin Del Potro, ne peut pas garantir la victoire. Et encore moins l’état de grâce.

Début de match poussif

Malgré un break d’entrée, aussitôt annulé par l’Argentin (1-1), son début de match est poussif. Rien à voir avec la démonstration éblouissante de la veille contre le Belge David Goffin. Del Potro est certes un autre type de joueur, aussi malin dans son jeu qu’il paraît fruste dans ses déplacements. Il n’a pas son pareil pour brouiller les cartes et n’est jamais aussi à l’aise que face aux situations compromises.

Lorsque Federer réussit enfin un second break à 4-4 (le deuxième sur huit tentatives!) et sert derrière pour empocher le set, «Delpo» recolle aussitôt (5-5). Même scénario dans le tie-break: Federer se détache 3-0 puis perd six points consécutifs. Un ace offre la première manche (7-6, 7 points à 5) à Del Potro.

Après le show, le sport

Roger Federer est à la peine. Alors qu’il mène 2-1 et a le break au bout de sa raquette, il rate l’occasion d’une volée de revers bien trop longue. Fâché, il frappe assez violemment le filet avec le tranchant de sa raquette. Le «Aaahhrrr» déçu du public s’achève en «Ooohhh» médusé. La surprise passée, la salle se met à l’encourager (plutôt en français, d’ailleurs). Ce n’est plus l’artiste que l’on vient applaudir, c’est l’enfant chéri qu’on soutient. C’est un peu moins le show et un peu plus du sport.

Porté par cet élan, par cet amour inconditionnel, Roger Federer se décontracte peu à peu. Il rate toujours un peu mais ne se frustre plus. A 5-4 pour lui et 15-40 sur le service adverse, il obtient deux balles de set. Il saisit la seconde, à l'issue d'un énorme jeu de défense. Del Potro breake dès le jeu suivant mais Federer réagit aussitôt, égalise, mène 2-1 puis réussit un second break. Tranchant, gracieux et impitoyable, il est enfin celui que le public est venu applaudir. Lorsqu'il finit par faire plier son adversaire, qui cède au bout de 2h30, sur son visage le soulagement se lit bien avant la joie.

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