hippisme

Rolf-Göran Bengtsson enfin récompensé

Le discret Suédois est devenu champion d’Europe dimanche à Madrid devant Carsten-Otto Nagel et Nick Skelton. A 49 ans, ce cavalier très régulier décroche son premier titre majeur après une vie de labeur

Il y a fort à parier qu’avant de monter dimanche sur la plus haute marche du podium, Rolf-Göran Bengtsson n’avait pas signé beaucoup d’autographes à Madrid. Solidement installé dans le top ten mondial depuis plusieurs années, le Suédois de 49 ans est un des cavaliers les plus discrets du circuit. Son équitation, en revanche, n’a rien à envier aux meilleurs.

«Je suis plus qu’heureux», a déclaré les yeux humides le petit Suédois, à l’issue de son premier titre dans un championnat. Deux fois médaillé d’argent aux Jeux olympiques et une fois en bronze lors de joutes continentales, il ne semblait jamais pouvoir décrocher un titre à la hauteur de son opiniâtreté. Ce n’était pas gagné non plus à Madrid: il n’était que cinquième après les trois premiers jours de compétition. «Vendredi, j’ai pensé que j’avais laissé passer ma chance avec cette barre à l’entrée du double», confie-t-il. Mais sa régularité dans les deux ultimes manches et la déconfiture de Gerco Schröder, à qui le titre semblait promis, ont rapporté l’or au Suédois. Sous les yeux de sa maman de plus de 80 ans, en larmes dans les gradins.

«Un chouette type»

Rolf-Göran Bengtsson a construit sa carrière patiemment, sans coup d’éclat. A Lund, dans le sud de la Suède, ses parents agriculteurs tenaient un petit élevage. Il remporte deux fois le championnat national de poney en concours complet. A l’adolescence, il devient mécanicien, travaille le jour et monte à cheval le soir. Il faut bien vivre. Le Suédois ne devient professionnel qu’à 25 ans, passe par les écuries de Jan Tops avant de s’établir dans le nord de l’Allemagne où il règne aujourd’hui sur une écurie très compétitive. On le dit travailleur, persévérant, patient. C’est «un ami que tout le monde a envie d’avoir, confie Steve Guerdat dans les colonnes de L’Eperon. Quelqu’un de correct, gentil, toujours là si on a besoin de lui. Un chouette type.»

A Madrid, le Suédois a pu compter sur le bondissant Ninja la Silla, un hongre de 16 ans qui lui avait permis de remporter la médaille d’argent en individuel aux Jeux olympiques de Pékin. Toutes ses montures appartiennent au cavalier-éleveur mexicain Alfonso Romo, parfois en partenariat avec l’Association du cheval holstein.

Grâce à une cinquième place vendredi dans la compétition par équipe, la Suède s’est assurée de pouvoir participer aux prochains Jeux olympiques. Et à Londres, Rolf-Göran Bengtsson signera sans doute bien des autographes avant la finale.

Beat Mändli dixième

Après avoir sauvé la qualification pour les JO lors de la compétition par équipe vendredi, les Suisses n’ont guère brillé en individuel. Dixième avec l’impétueux Louis, Beat Mändli a signé le meilleur résultat helvétique. Pius Schwizer était seizième sur Carlina.

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