Comme d'habitude, Roger Federer n'a laissé aucune chance, pas même un répit, au sans-grade commis à sa perte. Alejandro Falla (ATP 138) l'a vite compris. Après le premier set, même le ciel ne pouvait plus rien pour lui (6-1 6-4 6-3). «J'ai espéré que les averses tempèrent un peu les ardeurs de Federer, qu'elles l'agacent ou le distraient, mais ce ne fut pas le cas», soupire le Colombien, émigré en Floride avec toute sa famille, par crainte des enlèvements.

Massu au prochain tour

Comme d'habitude, des journalistes ont demandé à Roger Federer s'il pensait battre Rafael Nadal, si la terre était sa surface maudite, s'il ressentait une pression particulière à Paris ou, plus intimiste, s'il espérait gagner. «Je suis relax», a poliment éludé le Bâlois, sérieux et sûr de son fait: le coup droit est solide, le jeu de jambes exceptionnel - peut-être meilleur que jamais -, l'aplomb sans faille. Sous le froid et le vent mauvais qui, jadis, exacerbaient ses impatiences de surdoué, Roger Federer est resté inflexible, jusqu'à l'intimidation. «Quand je domine facilement, je ne cherche même plus à essayer des coups, juste à conclure le plus vite possible. En l'occurrence, j'ai voulu exercer un contrôle total sur la partie. Je dois reconnaître que c'était une formalité.»

Au prochain tour, le Bâlois retrouvera comme prévu le Chilien Nicolas Massu, champion olympique en titre, à la poursuite du temps perdu après des blessures gênantes, puis des humeurs contrariées. L'homme est coriace. Surtout, il est polyvalent. Mais il lui faudra une inventivité inédite pour, peut-être, bousculer les habitudes de Federer.