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Les joueurs de l’équipe nationale avant la rencontre opposant la Suisse au Portugal, en novembre 2016 à Yverdon-les-Bains, dans le cadre du Rugby Europe Trophy.
© LEO DUPERREX / Keystone

Ovalie

Le rugby en Suisse, un jeu de conquête

L’équipe de Suisse joue un match amical samedi à La Chaux-de-Fonds. L’une des nombreuses initiatives de la Fédération suisse de rugby pour développer son sport

Il faut déjà aimer le rugby pour s’y intéresser en Suisse. Peu connu, le sport compte à peine moins de 5 000 licenciés dans le pays et rares sont les matches qui rassemblent plus de 200 spectateurs. Autre problème, l’hiver marque une interruption longue et brutale de trois mois lorsque les communes ferment les terrains pour protéger les pelouses des crampons en fer 21 mm. Cette coupure décourage de nombreux adolescents et les détourne vers d’autres sports.

Malgré ces handicaps, les clubs et la Fédération Suisse de Rugby (FSR), une association qui embauche à temps partiel trois personnes, croient à l’essor de leur sport. Le rugby est un sport riche de ses valeurs positives, que les joueurs des équipes nationales expriment fièrement, obtenant des résultats très honorables.

Une seconde division féminine bientôt créée

«Cette année, notre équipe masculine a fini troisième sur six de l’European Trophy, la troisième compétition continentale. Ce qui fait de la Suisse la quinzième nation européenne. Ça commence à parler au grand public!», se satisfait Sébastien Dupoux, directeur technique national depuis deux ans.

Les trois derniers matchs de l’équipe nationale à Yverdon et Genève ont attiré un public cumulé de 4000 spectateurs. Le rugby féminin n’est pas en reste: il existe un championnat de Suisse à part entière. Bientôt une seconde division sera créée pour permettre aux nouveaux clubs, comme celui de l’Albaladejo Lausanne, né en 2015, de jouer dans une compétition régulière.

«Il nous faudrait un million de francs pour passer un cap»

Disposant de bureaux à Lausanne et Zurich, la Fédération peine à faire parler de son projet de développement et à attirer des sponsors. Malgré un budget annuel de 700 000 francs, dont de faibles subventions de l’Office fédéral du Sport avoisinant 15 000 francs, l’argent manque pour finaliser des projets. «Il nous faudrait un million de francs pour passer un cap», estime Sébastien Dupoux. Pour Veronika Muehlhofer, directrice générale de la FSR, «le manque de médiatisation, notamment sur les télévisions nationales, empêche de susciter un réel intérêt de sponsoring de la part des grandes entreprises.»

Distribution de 1500 ballons

La filiale suisse de Canal + a un intérêt pour le rugby helvétique car elle diffuse le Top 14, le championnat de France. La chaîne a déjà piloté des vidéos virales sur l’équipe de Suisse qui ont cartonné sur les réseaux sociaux. Pour la rentrée 2017, elle va distribuer 1500 ballons à chaque jeune licencié de moins de 14 ans. «Sans ballon, personne ne peut jouer au rugby. C’est comme ça que les enfants y joueront dans leur jardin avec leurs copains pour ensuite peut-être un jour rejoindre un club», espère Sébastien Dupoux.

De son côté, la FSR délocalise les matchs internationaux dans tous le pays pour promouvoir le rugby. Les finales des championnats de LNA et LNB et des coupes de Suisse et de la FSR sont, elles, regroupées pour réunir un maximum de spectateurs, dans les stades ou désormais en ligne, grâce au live streaming. Ce samedi 16 septembre, l’équipe de Suisse A dispute ainsi un match amical contre Agronomia Lisbonne au Parc des sports de La Chaux-de-Fonds, où des tournois nationaux de jeunes sont également organisés le dimanche.

Présence dans les écoles

Les enfants sont l’avenir du rugby suisse. C’est l’avis de Vincent Ducros, le président de l’école de rugby de Morges, qui a lancé le projet d'«Ovalie morgienne». Cette école de rugby, créée en 2011, déploie ses cours à Morges et sur dix communes avoisinantes. Les éducateurs interviennent dans les regroupements scolaires où les écoliers peuvent choisir l’initiation au rugby en sport facultatif.

«Mon idée est de faire en sorte que le rugby se rapproche des enfants, explique Vincent Ducros. Bien sûr, c’est long et il y a aussi des corrections à faire dans notre méthode. Par exemple, sans cours obligatoire dans les regroupements scolaires, peu d’élèves s’inscrivent. Pour éviter que cela se reproduise, l’année prochaine nous aimerions qu’il y ait un cours obligatoire pour inciter à découvrir notre sport», conclut Vincent Ducros.

Participer à la vie locale par des actions citoyennes

«L’Ovalie morgienne doit devenir un réseau influent et de référence», affirme le président de l’école de rugby de Morges. Le club souhaite participer à la vie locale par des actions citoyennes, comme pour renforcer une image déjà positive du rugbyman et de ses valeurs. «Par exemple en vidant les poubelles ou en entretenant les espaces verts, le tout sans contreparties. C’est pour ça que notre slogan est: le rugby comme dans la vie.»

La seule contrainte pour les parents des membres est l’achat du matériel de base – crampons, chaussettes longues, protège-dents, casque – ainsi que la cotisation annuelle de 360 francs.

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