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Vue aérienne du stade de l'université de Moscou, janvier 2018.
© Dmitry Serebryakov/AFP Photo

Éditorial

La Russie, en attendant la Chine

EDITORIAL. Le football est entré dans l'ère de la mondialisation et la Coupe du monde avance à grands pas vers le gigantisme

La 21e Coupe du monde de l’histoire s’ouvre ce jeudi en Russie.
Lire: En Russie, une Coupe du monde pour l’image

On entend souvent que dans le football, tout peut arriver, mais les statistiques disent autre chose: 

Alors que la compétition débute à peine en Russie, les regards se tournent déjà vers l'avenir:

Pour ceux qui n’aiment pas le football, c’est en apparence le même refrain qui reprend tous les quatre ans: des matchs, de la bière, des concerts de klaxon, du nationalisme (russe, cette fois) et la victoire de l’Allemagne à la fin. La 21e Coupe du monde qui débute jeudi à Moscou ne ressemble pourtant pas aux précédentes. En visitant pour la première fois le plus grand pays du monde, la plus grande compétition internationale du sport le plus pratiqué de la planète conquiert un nouveau territoire. En football, la mondialisation est une réalité.

En d’autres temps, la tenue d’un Mondial chez Vladimir Poutine aurait soulevé sinon l’indignation, du moins des questions. Aujourd’hui, les rares voix qui s’élèvent sont inaudibles et les signes extérieurs de désapprobation se limitent à l’absence de quelques délégations officielles. Plus personne n’envisage sérieusement de boycotter la Coupe du monde, devenue trop grosse, trop importante, pour ne pas en être. Le football a pris une place énorme, sans doute excessive. Alors que le Comité international olympique (CIO) peine à convaincre les démocraties de sa modestie retrouvée, la Fédération internationale de football (FIFA) ne craint pas de voir toujours plus grand, plus beau, plus cher. C’est le dessein de son président, l’Italo-Suisse Gianni Infantino.

Plus personne n’envisage sérieusement de boycotter la Coupe du monde

Quatre ans après avoir laissé un champ de ruines au Brésil, la FIFA a décidé d’étendre le format de sa compétition à 48 équipes, contre 32 actuellement. Plus de pays pourront participer, donc plus de téléspectateurs se sentiront concernés, donc plus de sponsors pourront s’investir. Cela générera plus d’argent, que l’on pourra redistribuer aux fédérations nationales, pour développer le football de base, promet Gianni Infantino. Pour maîtriser un tel mastodonte, la FIFA a attribué mercredi l’organisation de la Coupe du monde 2026 à trois pays: le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Ce sera une première et un pas de plus vers le gigantisme, encore.

Battu cinq fois, le Maroc tentera sans doute de se présenter une sixième fois. Mais ce sera peut-être alors le temps de la Chine. Le géant chinois est déjà un acteur important du football mondial. Sa ligue dépense des fortunes, débauche toujours plus de grands joueurs et attire des foules dignes des championnats italiens ou français. Les noms chinois ornent déjà les maillots des équipes européennes et les murs des sponsors des compétitions de la FIFA. En Chine, le développement du football a été décrété grande cause nationale. Avec deux objectifs: organiser la Coupe du monde 2030, et la gagner. Alors oui, il y a bien longtemps que le football est autre chose que 22 types occupés à taper dans un ballon. Si c’est un mal, c’est celui du siècle.


Lire nos reportages dans la ville qui accueille l'équipe de Suisse: 

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© JOHN MACDOUGALL